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La Chronique des Damiers
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RÊVER PLUS FORT

14 Mai 2026

Provence arrive, ce vendredi (21 heures), avec tous ses atouts. Après une période de creux liée à de nombreuses indisponibilités, l’armada de Philippe Saint-André est de nouveau conquérante, au complet, et vient à Valence avec la ferme intention d’y gagner : un faux-pas de Colomiers à Grenoble, dans le même temps, lui permettrait alors de disputer directement une demi-finale à domicile sans passer par la case barrage. C’est donc une équipe avec le mors aux dents, qui vient de renverser Vannes en lui infligeant un 34-0 après la pause, que les Damiers doivent défier.

À l’approche de ce véritable huitième de finale, le discours de Fabien Fortassin relève forcément du « en même temps » : « J’aurais signé, en début de saison, pour en être là à la dernière journée. » Puis : « L’appétit vient en mangeant, on ne peut pas se contenter de la qualif’. » À force de s’ériger en surprise permanente au long de l’exercice en cours, le VRDR n’en est plus une. L’entente drômoise a acquis un statut qui inspire aujourd’hui non seulement le respect mais la crainte à ses adversaires. Et elle est bien décidée à l’assumer en cette soirée de célébration des dix ans de sa création dans un Pompidou incandescent.

On ne va pas refaire toute l’histoire mais celle qui, depuis le titre de Nationale en 2023, a conduit Valence-Romans vers les sommets de la Pro D2 est exemplaire : « On a toujours su que notre potentiel était énorme, il s’est traduit au fil des saisons par des coups d’éclat face à Biarritz (55-0), Provence (63-7) ou encore Brive (45-10), rappelle Fortassin. Mais il nous manquait encore la régularité que confèrent l’expérience et la confiance. Désormais, cette confiance est là et mes hommes savent jouer ce genre de match à gros enjeu. »

Un enjeu qu’on peut résumer à cette nouvelle exigence : gagner. Une victoire signifierait un barrage à domicile. Une victoire sans laisser le point de bonus défensif aux Provençaux assurerait la 3e place finale. « Ce serait mieux, plus facile de préparer un barrage le samedi 23 que le jeudi 21 mai », prévient le coach en chef. Qui sait aussi que l’éventuelle suite les emmènerait alors à Colomiers, plus abordable que Vannes sur le papier… « À ce stade, on ne s’interdit rien ! » savoure-t-il. Et surtout pas le droit de rêver. De rêver fort, de rêver en grand.

Il comptera pour cet ultime défi de la saison régulière sur un groupe encore très dense et quelques grognards qui ont déjà connu les phases finales à ce niveau. Issam Hamel, le talonneur recruté à Brive mais opérationnel depuis peu après une grosse blessure au genou, en fait partie : « On parle un peu de notre vécu avec Hugo (Fabrègue), avec qui nous nous étions qualifiés pour une demi-finale avec Nevers. On doit s’en servir pour ne pas subir la pression. Nous sommes sereins sur notre jeu. Et avec les supporters qui vont nous pousser… »

« Quoi qu’il advienne, on se souviendra de cette fête et d’une saison qui aura marqué l’histoire du club », conclut Fortassin.

L’horizon s’élargit pour le VRDR. S’il franchit cette marche supplémentaire, il deviendra même radieux.

P. Laf.

BRUCHET DANS LES 23

En l’absence de Roux (commotion) et de Spanderashvili et Real (suspendus), le retour d’Axel Bruchet, contrarié par plusieurs blessures cette saison, offre une option salutaire en 3e ligne. Où pourrait également entrer Sacha Idoumi, talonneur de formation, mais qui a déjà dépanné comme flanker.

LA COMPO : Pontanier, Marco-Pena, Goze – McCauley, Fabrègue – Suaud, Vachon, Bholi – Rodor (m), Méret (o) – Rozière, Marrou (cap.), Idrissi, Marsan – Moura.

REMPLAÇANTS : Hamel, Chouteau, Goumat, Idoumi, Lhusero, Neiceru, Bruchet, Milasinovich.

 

C’EST LA FÊTE !

Pour cette « Birthday Party », les portes de Pompidou seront ouvertes dès 18 heures. Sur la « place des Damiers » seront installés structures gonflables, stand de maquillage, stand de la Prévention routière, borne photo souvenir, terrains de pétanque, bar à cocktails, food trucks… Un maillot collector, portant le nom des joueurs ayant évolué au VRDR pendant la décennie, sera vendu à la boutique et porté par les 23 Damiers à l’occasion de ce match contre Provence. Avant la rencontre, d’anciens joueurs, accompagnés d’actuels licenciés au VRDR, effectueront un tour d’honneur tandis qu’un feu d’artifice sera tiré après le coup de sifflet final… Et il y aura une mystérieuse surprise !

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FORTASSIN, LES RAISONS DU DÉPART

13 Mai 2026

Fabien Fortassin a confié à Valéry Lombardo, sur Ici Drôme-Ardèche, les raisons qui l’ont poussé à abréger son contrat de manager du VRDR pour signer en faveur de Brive dès cet été.

Le technicien qui a amené les Damiers vers les phases finales de Pro D2 a d’abord mis en avant « le côté affectif » : « À 13-14 ans, le CA Brive, qui jouait des finales de coupe d'Europe, était un de mes clubs préférés. J'avais toujours dans un coin de ma tête de jouer un jour dans ce club, je n’y ai jamais réussi. Et puis c’est un club historique qui représente pour moi une étape supplémentaire dans mon évolution d'entraîneur. Je fonctionnais pareil en tant que joueur, j’ai toujours eu un peu la bougeotte, je n’ai jamais fait plus de trois ans dans le même club parce que j'ai toujours voulu me challenger, relever des défis, sortir un peu de mon confort et c'est ce que j'ai ressenti quand Brive est venu me chercher. J'étais très bien et je suis très bien au VRDR, tout s'est toujours très bien passé, mais à Noël on est troisièmes et je sais qu'on va se qualifier. Et comme l’objectif est de toujours faire mieux, je me suis demandé comment j’allais faire la saison prochaine. Je suis fier de tout ce qu’on a accompli, et ce fut avec beaucoup de plaisir, mais c'est beaucoup d'énergie dépensée et j'ai peur sincèrement d'avoir donné le maximum et de plus avoir la même force pour repartir, un mois après le dernier match, dans un nouveau cycle. »

Voilà pour la motivation. Reste la déception voire la rancœur de le voir partir avant la fin de son mandat : « Je comprends dirigeants et supporters bien sûr, je sais très bien tout ce qu'ils ont fait pour moi et j'aime autant mes dirigeants que les supporters du club, ils ont toujours été présents pour pousser derrière le club et derrière moi. »

Toujours, même quand ça allait mal fin 2024… « Je le sais et ils ont eu raison. Mais ce sont des choix de carrière qu'il faut accepter. Je vois beaucoup de similitudes entre mon passage de Tarbes à Valence-Romans, il y a trois ans, et celui de Valence-Romans à Brive aujourd’hui. C’est une marche supplémentaire avec un club qui, au départ est au même niveau, mais qui envisage sur du plus court terme d'autres ambitions. Je suis peut-être un peu pressé, on verra bien, mais c'est ce dont j'avais envie et, par le passé, mes choix se sont toujours avérés plutôt gagnants. »

Quant au fait d’arriver en numéro 2 à Brive, Fabien Fortassin y apporte une importante précision : « Je n’y vais pas juste pour être entraîneur des trois-quarts. Grégory Patat, le nouveau patron sportif, m’a proposé d’y être l'architecte du rugby. On me demande de savoir faire jouer l'équipe, j'ai carte blanche pour cela. J'aime le terrain, les choix tactiques et stratégiques. Le salaire compte aussi bien sûr et c’est un tout qui fait forcément réfléchir et qui fait envie. »

Est-ce à dire qu’il ne croit pas au projet « Damiers 2029 » ? « Pas du tout, le club se développe en termes d'infrastructures, de formation et je sais que dans 3 ou 4 ans il y aura le budget annoncé. Mais là, il y a eu une avancée exponentielle et, avec ou sans moi, je pense que la courbe va redevenir un peu plus lente. Pour comparer avec le foot, le VRDR c’est Lens ou bien Brest il y a deux saisons, qui se qualifient pour la Ligue des Champions, alors que Brive c’est l’OM : pas forcément mieux, parfois, au niveau des résultats mais avec une ferveur et une passion qui donnent envie. Tout entraîneur rêve d’y goûter et je préfère partir quand le verre est plein. »

À Brive, le projet de jeu sera donc signé Fortassin. À savoir s’il y trouvera les mêmes guerriers qu’au VRDR pour le mener à bien. L’avenir le dira.

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LA BELLE SAISON DU 16e DAMIER

12 Mai 2026

Quelques jours avant ce VRDR-Provence (ce vendredi à 21 heures) qui va remplir et faire frémir Pompidou, à l’approche d’un barrage qui récompense le parcours exceptionnel de l’équipe drômoise, Hugo Pinchenet, le président du 16e Damier, tire un premier bilan d’une saison qui a comblé les supporters et restera dans leurs mémoires.

« On suppose les responsables et membres du 16e Damier particulièrement heureux…

  • Bien sûr ! Voilà une saison qui, sur le plan sportif comme sur le plan du supportérisme au sens large, aura connu une belle réussite. Nos amis joueurs sont tout en haut du classement et nous avons battu notre record d’adhérents avec plus de 250 membres. L’engouement est en train de prendre à Pompidou et on fait beaucoup plus de déplacements avec de moins en moins de mal à remplir les bus. Et on espère que ce sera encore plus fort pour la phase finale !
  • La réception de Provence, ce vendredi, en est un avant-goût !
  • Oui et la victoire à Dax nous mobilise encore deux fois plus pour pousser nos Damiers dans leurs retranchements et espérer un gros succès face à Aix. On est très fiers d’eux, de ces quatre points arrachés grâce à un magnifique essai dans les dernières minutes. On a passé vendredi dernier un superbe moment tous ensemble, une soixantaine de supporters, au Comptoir de Famille, notre nouveau QG à La Voulte. On remercie les joueurs de nous faire vivre une saison extraordinaire dont on souhaite qu’elle dure le plus longtemps possible.
  • On constate que l’animation à Pompidou s’est nettement renforcée…
  • Oui, on essaie de faire vibrer un peu le stade à l'entrée des joueurs et pendant le match. Pour chaque gros choc, on programme une action différente, on a évidemment prévu quelque chose de spécial pour ce vendredi qui coïncide avec les 10 ans du VRDR. On souhaite diversifier, se renouveler, on est à l'écoute de certains adhérents qui ont des propositions. Et on invite toute le monde à venir s'investir pour la préparation d'un tifo l'installation de drapeaux en gradins ou en tribune.
  • Vous bénéficiez d’un beau soutien avec la Bamba étoilienne. Quelles sont vos relations avec cette dynamique fanfare ?
  • Elles sont au top ! Ils sont d’une grande aide lorsqu’on lance un chant, ils envoient le rythme avec trompettes, tambours et tous leurs instruments ! On s’est même déplacés avec eux, notamment à Grenoble cette année, et quand on a créé le chant des supporters l’an dernier, ils étaient totalement volontaires pour en jouer la musique. C’est super !
  • Souvent, le coach et les joueurs rendent hommage à l’ambiance et la ferveur qui les poussent… Cela vous rend fiers ?
  • Quand on entend les joueurs ou le staff parler de ce soutien populaire, ça nous fait chaud au cœur et ça nous motive d’être encore plus performants dans notre appui, à crier encore plus fort. C’est pourquoi on invite chaque personne présente au stade à donner de la voix, à ne pas rester simple spectateur, à devenir supporter. Les joueurs nous ont dit qu’ils apprécient ces encouragements, à domicile et même à l’extérieur. Il y a plusieurs matches où on a été vraiment le 16e homme, ç’a pu faire la différence sur la fin, quand il faut tenir ou réagir. On sent que la mayonnaise est en train de prendre depuis deux saisons, il y a de plus en plus de vrais supporters, d'aficionados. On voit nos couleurs un peu partout en ville, des passants qui portent des tenues du 16e Damier ou du VRDR.
  • Les contacts avec les joueurs sont bons et fréquents ?
  • Avec Vincent Vial, notre parrain et notre relais auprès de l’équipe, on s'entend super bien, on lui fait passer des messages, et il nous en envoie aussi. Après les matchs, certains joueurs viennent nous voir et discuter à notre local à l'entrée du stade, ça nous fait plaisir. Il y a une proximité qui s’est établie et qui est très agréable.
  • Le départ de Fabien Fortassin vous chagrine ?
  • On est heureux de la façon dont il a amené l’équipe à ce niveau. Mais le voir partir comme ça, sachant que la saison à venir sera sans doute de transition, la pilule a un peu mal à passer. Ça nous fait surtout de la peine vis-à-vis des deux présidents qui lui ont donné et maintenu leur confiance, notamment quand ça n’allait pas bien. Alors, le fait de partir quand tout roule, ce n’est pas très compréhensible. Surtout partir pour un poste d’adjoint même si Brive est un club historique. On est conscients de ce qu’il a apporté au VRDR mais on est attristés de ce départ. La façon de faire n'a pas plu à une bonne partie des supporters.
  • Quelles sont vos relations avec le club ?
  • Très bonnes. Les dirigeants sont à l'écoute de nos projets et nous sommes attentifs à ce qu'ils nous proposent. Je crois qu’on a fait nos preuves, ils nous ont testés au début, c'est normal, et maintenant on marche de concert.
  • Le club vous concède des avantages ?
  • Déjà, il a mis un local à notre disposition et c’est une aide précieuse. Auparavant, on transportait tout le matériel, nos goodies, nos vêtements, nos tambours, etc. Et puis c’est un lieu de vie où adhérents et non adhérents peuvent se rassembler. On y reçoit également les supporters adverses, c’est un point de rendez-vous.
  • Voilà un aspect sympa du rugby, ces contacts souvent amicaux entre supporters des différentes équipes…
  • Oui, on s'entend vraiment bien avec tous les supporters avec l’idée que si on les reçoit bien, on est bien reçus en retour. C’est ainsi dans 99 % des cas et on espère vraiment que ça va continuer, c’est ça l'esprit rugby ! Et puis c’est bien pour l’image du club. Bien accueillir, c'est la moindre des choses et c’est une bonne impression qu’on veut donner du VRDR et de notre association.
  • À en croire les retours et les réseaux sociaux, c’est réussi !
  • Oui, on a de très bonnes relations avec beaucoup de groupes de supporters. C’est l'esprit qu'on a envie de véhiculer, il faut continuer sur cette voie et ne pas dévier pour que tout continue à très bien se passer.
  • Financièrement, vous vous en sortez ?
  • On a six ou sept donateurs qui nous aident régulièrement, notamment Muriel et Dominique Seauve, agents immobiliers, qui ont par exemple largement subventionné le voyage à Agen. Ces donateurs sont vraiment importants pour nous et plus il y en aura, plus on pourra développer nos activités. Une grosse partie de notre budget – en dehors des adhésions, 12 euros et 5 euros pour les moins de 15 ans – provient des ventes à notre stand les jours de match. On propose un snacking et des boissons différentes de ce que vous pouvez trouver à la Bodega ou ailleurs. On est sur des créneaux qui ne concurrencent pas ceux du club et ses prestataires.
  • Pompidou va entrer dans une phase de gros travaux pour sa rénovation. Cela va perturber votre activité ?
  • On a des réunions avec le directeur du club, Adrien Ruiz, et avec le responsable billetterie. Notre inquiétude c’est pour l’ambiance qui va baisser d’un ton sans doute la saison prochaine puisqu’on sera en virage nord, loin du terrain et avec une visibilité limitée, notamment par rapport à l’écran géant. Ça risque d’être une période un peu galère mais on est prêts à faire ce sacrifice si c’est pour avoir mieux ensuite. On est censés revenir en tribune Cester à terme mais nous aimerions savoir à quel tarif. On n’a pas envie que le projet fasse perdre le côté populaire qui est en train de prendre. On attend donc de voir, rien n’est défini pour le moment mais on est en alerte sur le fait qu’on veut rester dans la lignée des deux saisons écoulées, à savoir préserver le côté accessible au plus grand nombre.
  • Vous pensez que le dialogue sera constructif ?
  • On a nos arguments, sont-ils compatibles avec la vision du club et du maître d’ouvrage ? On ne va pas cesser d’échanger pour travailler main dans la main si possible. Pour le moment, on est reste inquiets et même si nos interlocuteurs se montrent rassurants, la question du prix des abonnements demeure un sujet délicat, on craint de prendre une grosse augmentation sur les deux ans à venir… (un abonnement en gradins dans le bloc du 16e Damier coûte actuellement 140 euros). Ce projet de nouveau stade était parti sur de bonnes bases mais en y regardant de plus près, il y aurait peut-être pu avoir mieux. Cependant, on nous dit que le dossier est évolutif… »

Recueilli par P.Laf.

ÇA RECRUTE !

Pendant que le VRDR poursuit ses objectifs sportifs, la cellule recrutement s’active en coulisse… Même si la direction du club, occupée actuellement à d’autres tâches, ne confirme rien, il semble bien que le pilier droit géorgien Giga Tutisani (Clermont) et l’arrière Thomas Zénon (Brive) vont très bientôt signer en faveur du VRDR. Et c’est maintenant Midi Olympique, généralement bien informé, qui annonce que Marco Trauth, pilier de Béziers, où il est régulièrement titulaire, se serait engagé chez les Damiers. Âgé de 25 ans, formé à Auch puis au Stade Toulousain où il a plusieurs fois évolué en Top 14, ce garçon de 1,87 m pour 113 kg joue prioritairement à gauche mais peut également dépanner à droite.

 

 

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BARRAGE MODE D’EMPLOI

10 Mai 2026

Se rend on bien compte que le VRDR va entrer dans la course à l’accession au Top 14 ? C’est une incroyable réalité, la récompense d’un parcours brillantissime et inattendu. Alors, même si l’objectif initial est déjà largement dépassé, si l’ambition n’est évidemment pas – encore – la montée, chaque supporter drômois rêve d’un barrage à domicile. Comment y parvenir ?

Pour cette dernière journée de la phase régulière, on va partir d’un principe simple et redoutable : Oyonnax et Brive, qui ont enclenché la surmultipliée, vont prendre un bonus offensif lors de leur dernier match, à domicile respectivement face à Aurillac et Nevers qui sont quasiment déjà en vacances. Ils atteindraient ainsi respectivement 87 et 84 points.

En conséquence, le VRDR, qui en compte 84, doit ABSOLUMENT battre Provence (vendredi à 21 heures) rester dans les quatre premiers et s’offrir un somptueux quart de finale à Pompidou, suprême récompense. Ce sera une condition nécessaire et suffisante. Une défaite, en revanche, renverrait à coup sûr les Damiers vers une 5e voire 6e place.

Pour terminer 3e avec les avantages qui y sont attachés (réception du 6e, match décalé au samedi 23 mai à 21 heures, perspective d’aller jouer la demi-finale à Colomiers, beaucoup plus accessible que Vannes, en termes sportif et géographique…), il faut non seulement l’emporter face à Aix mais laisser les Provençaux hors du bonus défensif. A 88 points partout, le VRDR serait devant au bénéfice de ses deux victoires contre les hommes de Philippe Saint-André. Un bonus offensif aurait bien sûr le même effet positif.

Quoi qu’il advienne désormais, ce rendez-vous devant un Pompidou plein et en fusion est déjà en soi un exploit hors normes. Les équipes surprises de ces dernières saisons (Carcassonne en 2022, Dax en 2024 et Angoulême en 2025) n’ont jamais atteint un tel total de points. Et aucune n’était assurée de sa qualification dès la 28e journée. C’est dire la valeur de la performance d’un club qui fêtera seulement ses dix ans ce 15 mai !

P. Laf.

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INSUBMERSIBLES DAMIERS !

8 Mai 2026

Ce match à Dax nous aura offert toute la palette des soubresauts et des émotions du rugby. Vingt-cinq minutes où le VRDR paraît dominer son sujet, inscrivant trois essais pour mener 25-3. Une rébellion pour un moment de folie dacquois qui permet aux Landais de revenir à 24-28. Une seconde période hachée, injouable, émaillée de bagarres et de coups tordus, que les Damiers termineront en infériorité numérique, parfois inquiétants, malmenés et menés au score, jusqu’à un coup de génie de Dylan Idrissi. Pour une victoire in extremis (33-31), la sixième à l’extérieur tout de même, qui leur permet d’envisager désormais, à la condition de battre Provence – sans laisser aux Aixois le bonus défensif - vendredi prochain (21 heures), de terminer 3e de la saison régulière !

Le VRDR offre donc à ses suiveurs et supporters, à toute la France ovale aussi, une fin d’exercice échevelée, tonitruante, pleine de rebondissements et jalonnée d’exploits. On ne cesse d’avoir hâte d’être à l’épisode suivant, on ne cesse de s’ébaubir et de saliver.

Le bilan de ce déplacement comme de l’ensemble de l’exercice depuis fin août est extrêmement positif. On en oublierait les scories, l’indiscipline de la seconde période, les erreurs évitables, la touche qui n’est plus ce qu’elle était. On retiendra cet état d’esprit remarquable, solidaire, surmontant une fatigue palpable, évidente, pour s’envoyer en défense, initier encore et encore du mouvement pour aller chercher ce succès qui ancre un peu plus l’équipe parmi les Grands de Pro D2. Comme nous le confiait récemment et tranquillement Jonathan Wisniewski, le directeur sportif, au bord du terrain d’entraînement de Porchier : « Cette saison nous installe fermement dans la division, nous passons un palier. »

Cette irruption sur le devant de la scène, on la doit bien sûr aux joueurs, exemplaires et qui forment un groupe de roc et de feu pour emprunter à la devise angoumoisine. On la doit également à l’ossature du club, dirigeants qui n’ont jamais moufté quand la barque menaçait de verser fin 2024, staff qui accomplit un boulot remarquable, avec ses moyens relativement limités, sous la direction sportive d’un Fabien Fortassin qui sera difficile à remplacer mais dont l’annonce du départ fin juin n’a manifestement aucun impact négatif sur ses garçons. Bien au contraire, comme s’ils voulaient lui offrir une sortie triomphale, à l’instar de Johann Authier parti sous d’autres cieux après la conquête du Bouclier de Nationale, en 2023.

On évoque l’avenir, parce qu’il est excitant, qu’il ouvre la formidable perspective d’un choc à guichets fermés contre le Provence Rugby de Philippe Saint-André. Plus que jamais, le VRDR est maître de son destin. Il faudra encore cravacher, parce que derrière Oyonnax et Brive mènent un train d’enfer et peuvent encore te passer sous le nez. Mais Bugistes et Corréziens n’ont plus les cartes en main et dépendent de ton éventuel faux-pas… Et les Damiers n’en commettent presque plus…

P. Laf.

Fabien Fortassin (au micro de L’Impartial et de Ici Drôme-Ardèche) : « On voulait voir ce qu’on avait dans le ventre et, à l’issue d’une soirée pas très belle, on a les quatre points au bout. Même tirée par les cheveux, cette victoire est une très bonne chose, on garde la maîtrise de la situation et on peut offrir une belle fête à nos supporters, les récompenser dans une semaine dans un stade Pompidou plein. On a pris le match par le bon bout, on a scoré à chaque fois qu’on a envoyé du jeu. En deuxième mi-temps, c’était la cour de récréation, des provocations, des insultes, il n’y avait plus rien de bon. Sauf cette action de Dylan Idrissi, à qui je dis merci. Ce garçon sait tout faire, il amène beaucoup de créativité. »

SPANDERASHVILI ET REAL SUSPENDUS

Ilia Spanderashvili, pour avoir écopé d’un 6e carton jaune cette saison, et Loan Real qui, lui, enchaîne un second rouge à peine revenu d’une lourde sanction, seront suspendus contre Provence. Et sans doute sur une plus longue période pour Real. « C’est ennuyeux parce qu’on perd deux joueurs forts, deux gros porteurs, déplore Fortassin. Mais on a encore des ressources avec Matthieu Vachon ou Izzy Moore-Aiono qui n’est pas loin de postuler à nouveau. » Quant à Paul Marsan, il souffre d’une énorme plaie (narine quasiment arrachée, 20 points de suture), et sera sans doute trop juste pour revenir dès la semaine prochaine.

 

 

 

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LES CONQUÉRANTS

7 Mai 2026

L’appétit vient en mangeant. Déjà rassasié par une qualification obtenue à deux journées de la fin de la saison régulière, objectif quasi inimaginable en début d’exercice, le VRDR ambitionne désormais de gagner le droit de jouer son barrage à domicile.

Pour ce faire, il a son destin en main mais se doit, pour le conserver, de commencer par l’emporter à Dax ce vendredi (19h30), ce qui n’est jamais chose aisée.

Les Dacquois n’ont en effet plus perdu depuis le 2 octobre (c’était contre le leader Vannes…) et n’ont subi que deux défaites chez eux. Leur classement est très trompeur puisque plombé de 14 points de pénalité, pas moins, consécutifs à de gros soucis financiers. Sans cette sanction, ils seraient aujourd’hui toujours en position de se qualifier.

C’est donc à un adversaire de taille, niveau haut de tableau, que les Damiers vont s’attaquer. Un adversaire « qui joue bien au rugby, qui s’est nourri du contexte défavorable pour se surmotiver et faire front sur le mode « seul contre tous », annonce Fabien Fortassin. De plus, avec un maintien pas encore acté mathématiquement, un dernier match à domicile qui a toujours une saveur particulière, leurs récents bons résultats, on va être dans un contexte difficile. » Mais le coach en chef trouve des raisons d’y croire « parce que c’est une équipe plus à l’aise avec le ballon que sans, qu'on a souvent mise en difficulté, qui peut nous convenir si on est sérieux et bien dans l'engagement comme ces dernières semaines ».

Pour rappel, le VRDR a déjà gagné à Dax (23-17 en février 2025) et c’est contre Dax qu’il est devenu champion de France de Nationale (26-19) en 2023.

Mais du passé il faut faire table rase pour mettre « la cerise d’une place dans les quatre premiers sur le gâteau de la qualification » (Fortassin). Avec une équipe très compétitive – où Roux retrouve le brassard et Rozière sa place préférée, à l’arrière - et un banc hyper costaud, le staff drômois comptera d’abord sur sa conquête, qui pourrait être d’autant plus importante que la pelouse risque d’être lourde : « On a une équipe tout terrain, capable de mettre du volume et déplacer le ballon comme de restreindre le jeu, si besoin, autour du paquet d'avants avec coups de pied d'occupation et défense solide. »

Dans ce registre, Loan Real n’est pas le moins actif. Lui qui revient fort et avec appétit au bout d’une longue suspension : « On a passé une grande partie de la saison dans les quatre, ce serait dommage d'en sortir à deux journées de la fin. Cette coupure forcée m’a permis de me régénérer physiquement et j’arrive en forme pour ces derniers matchs. Dax, c’est dense, massif, bon en mêlée et sur les mauls. Cette puissance peut également être leur faiblesse si on arrive à porter le ballon, enchaîner, trouver des espaces. »

Quelle qu’en soit l’issue, ce mois de mai promet d’être excitant : « Moi, en quinze ans pro, je n’ai disputé que deux phases finales, raconte Fortassin. Ce sont des moments rares, dont il faut savoir profiter à fond. On va jouer encore trois fois, peut-être quatre ou même plus, qui sait ? On a trimé huit mois pour savourer ce moment. Quel plaisir ! »

Un plaisir à partager. Sans modération.

P. Laf.

LA COMPO : Aléo, Marco-Pena, Vial – Suaud, Goumat – Roux (cap.), Bholi, Real – Lhusero (m), Méret (o) – Marsan, Neiceru, Idrissi, Lane – Rozière.

REMPL. : Pontanier, Hamel, Milasinovich, McCauley, Fabrègue, Spanderashvili, Rodor, Moura.

 

MARTIN ET MARSAN RESTENT…

Deux des révélations de la saison, l’ouvreur-arrière Adrien Martin (21 ans), formé au club, et l’ailier Paul Marsan (24 ans), arrivé de Niort comme joker médical, ont décidé de prolonger l’aventure au VRDR avec lequel ils viennent de se lier jusqu’à 2028.

 

…TUTISANI ET ZÉNON EN APPROCHE

Le pilier droit géorgien Giga Tutisani, 22 ans, 1,85m pour 120 kg, devrait rejoindre les Damiers en provenance de Clermont où il a déjà évolué en Top 14, marquant même un essai lors de la récente et retentissante victoire de l’ASM à Toulouse (27-24). Quant à l’athlétique (1,95 m, 100 kg) arrière-ailier briviste Thomas Zénon, 27 ans, passé notamment par Béziers et Nevers, il pourrait lui aussi très bientôt signer en faveur du VRDR.

 

 

 

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FORTASSIN AIMERAIT ÉLIMINER BRIVE !

6 Mai 2026

Gagner à Dax ce vendredi (19h30) puis contre Provence le 15 mai (21 heures) à Pompidou – à guichets fermés ! – assurerait au VRDR une place dans les quatre premiers et donc un barrage à domicile. Le nouvel objectif – celui de la qualification étant déjà brillamment atteint - est donc clair : jouer ces deux derniers matches de la saison régulière avec la meilleure équipe possible. Laquelle sera consistante puisque l’infirmerie n’est guère remplie – seul le jeune Dorian Marceline (luxation de l’épaule) est venu s’ajouter à la liste des blessés longue durée.

Ce mercredi matin, à la veille du voyage vers les Landes, c’était donc l’occasion d’obtenir la première réaction officielle de Fabien Fortassin à l’annonce de son départ pour Brive cet été : « Il est prévu qu’on fasse une émission avec Valéry (Lombardo, sur ICI Drôme-Ardèche, partenaire du club, sans doute en début de semaine prochaine) où j’en parlerai plus ouvertement. Je ne vais donc pas entrer dans les détails maintenant parce qu’il y a le match de Dax à préparer. Il s’agit d’un choix de carrière, j'ai toujours voulu me challenger, relever de nouveaux défis et il y en avait un beau qui se présentait à moi. Là, on est début mai, je reste manager du VRDR et aujourd'hui je n'ai qu'un seul objectif : finir ces deux derniers matchs de phase régulière du mieux possible pour arracher un barrage à domicile. Et pourquoi pas le jouer contre les Brivistes et les battre parce qu’il y a bien une certitude : je ne veux pas qu'ils montent cette année parce que je tiens à être champion avec eux ! » Le tout dit dans un sourire destiné à dédramatiser une situation qui, semble-t-il, n’affecte pas les joueurs à l’entame de ce sprint final : « Ce qui aurait pu créer un trouble, c'est quand l’info est sortie de nulle part le matin du match contre Oyonnax (le 27 mars), quand on attaquait un bloc qui était important. Ça n’a empêché personne de performer (victoire 40-21 puis trois succès en quatre matches). Les garçons savent comment fonctionne le milieu pro, ils y sont habitués, ont conscience que les entraîneurs sont dans le même environnement qu’eux. Malheureusement oui, depuis quelques années le rugby se « footballise » un peu par moments. Ça ne les a pas perturbés, on en a parlé, il y en a qui sont plus ou moins déçus et d’autres qui sont contents pour moi, qui comprennent. Ma crainte, c’était le matin d'Oyo, comment ça allait réagir, est-ce que ça allait polluer l'environnement et la préparation de ce match là et de la suite ? J'ai été vite rassuré là-dessus et eux comme moi ont envie de jouer des phases finales, un barrage à Pompidou, c'est la seule chose qui les intéresse. Que ce soit les joueurs ou le staff, on parle très peu de la saison prochaine, on est focus à 2000 % sur le mois de mai 2026. »

Loan Real, venu au contact de la presse quelques minutes avant le manager général – et qui l’avait suivi au VRDR en provenance de Tarbes -, donnait la température au sein de l’effectif : « Il y avait un moment qu’on se doutait de son départ. Je pense que Fabien et le club ont bien géré la nouvelle en nous l’annonçant sans s’attarder dessus, en disant qu’on aurait le temps pour les au revoir et l’émotion plus tard. On n'a pas vraiment eu le loisir de tergiverser, de s’appesantir et on tous restés focalisés sur l'objectif. » Les pincements au cœur sont donc remis à plus tard, le plus tard possible : « Moi ça fait plus de sept ans que c'est mon coach et je suis le joueur qu’il a le plus entraîné dans sa carrière. Ça me fera surtout quelque chose quand la saison sera finie et au début de la suivante, quand je ne le verrai plus au bord du terrain. On a vécu depuis trois ans quelque chose de fort avec ce groupe, on est en perpétuelle progression. On tient donc à bien terminer cette aventure. Tout le monde est vraiment resté concerné et concentré sur cette fin d’exercice. »

Qui passe donc par ce long, périlleux et sans doute décisif déplacement à Dax. Sur lequel je reviendrai dans ma chronique de demain.

P. Laf.

 

AU COMPTOIR !

Hugo Pinchenet, le président du 16e Damier, et les siens ont récemment ouvert à La Voulte (5, avenue Marx Dormoy) « Le Comptoir de Famille », un bar bistrot où l’ambiance rugby est garantie. Destiné à devenir le nouveau fief des supporters Damiers, il vous accueillera ce vendredi soir pour la diffusion du match Dax-VRDR. En en attendant d’autres…

 

QUATTRIN EST REPARTI

Le retour sur les terrains d’Issam Hamel a de fait acté le départ d’Andrew Quattrin, le talonneur canadien arrivé au VRDR comme joker médical. Andrew, qui a disputé dix rencontres sous le maillot à damier, s’était parfaitement adapté pour sa première expérience en Europe et laissera un très bon souvenir dans la Drôme.

 

LES ESPOIRS SAMEDI À GUILLERMOZ

C’est au stade Marcel Guillermoz à Romans que les Espoirs du VRDR, qui ont déjà assuré leur maintien en Élite, joueront samedi (15 heures) le dernier match de leur saison face à Rouen.

 

 

 

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NEWLANDS – TERRAIN, DEUX CLÉS DE LA RÉUSSITE

1 Mai 2026

La rencontre était programmée bien avant l’annonce du départ de Fabien Fortassin vers Brive en fin de saison. Elle s’est déroulée à Porchier, siège et centre d’entraînement romanais du VRDR, à l’issue d’un entraînement animé, rythmé, transpirant et joyeux. Il était temps que la Chronique vous fasse découvrir les deux adjoints du manager général, si efficaces, dans un relatif anonymat, pour la quête de performance des Damiers, en pleine réussite cette saison.

Au parloir donc, SCOTT NEWLANDS, 40 ans, ancien 3e ligne aile écossais, passé par Édimbourg, Oyonnax et Carcassonne, depuis bientôt dix ans au club. Et ROMAIN TERRAIN, 44 ans, ancien talonneur d’Auch, Pau, Castres, Biarritz et Perpignan, qui avait rejoint Fabien Fortassin l’été dernier après avoir entraîné Tarbes.

Joueurs, ils s’étaient croisés sur les pelouses en Coupe d’Europe. Et peut-être une ou deux fois en Top 14. Sans souvenir particulier. Pourtant, entre Scott et Romain, tous deux estampillés « entraîneur des avants » au VRDR, la complicité semble aujourd’hui évidente.

Elle est une des clés de cette complète réussite qui va envoyer les Damiers en phase finale. Scott Newlands : « Romain est plus orienté vers le côté attitude au contact et mêlée. Moi plutôt chargé de la touche et de la stratégie défensive. Cela dit, tout est discuté en amont et on peut alors se permettre d’aller un peu sur le secteur de l’autre. Si on a une idée à proposer, on en parle entre nous avant de la partager avec les joueurs. » Romain Terrain : « Avec Fabien, nous fonctionnons en trio en permanence. »

DE LA TRIBUNE AU BORD DE TOUCHE

À l’entraînement, les tâches se répartissent souvent en ateliers dirigés chacun de son côté. Pour les matches, Scott passe la première mi-temps en tribune avant de rejoindre Fabien et Romain en bord de touche pour le second acte. « On a fait ce choix, explique Newlands, parce que ça permet d’avoir un autre regard, avec plus de hauteur, les retours statistiques et vidéo… C’est un appui supplémentaire pour affiner les messages à passer à la pause. C’est le meilleur moment pour ça. Ensuite, c’est mieux d’être tous les trois côte à côte pour gérer les remplacements, les choses s’enchaînent souvent très vite jusqu’au money time. » « En seconde période, je prends le brassard jaune d’assistant terrain puisque nous n’avons droit qu’à deux brassards rouges d’entraîneur, raconte Terrain. J’apporte le tee, je peux entrer sur la pelouse lors des arrêts de jeu, ça permet de passer des informations rapidement sans avoir à transiter par les kinés. Il y a une multitude d’infos à donner, c’est parfois très compliqué. Il m’est même arrivé de mettre le casque sur les oreilles de Ryan (McCauley) pour qu’il prenne les consignes en touche directement depuis Fabien ! »

LA GUEULANTE DE LA MI-TEMPS

Romain Terrain est donc l’envoyé spécial du staff auprès des joueurs dans ces moments chauds où, souvent, la rencontre peut basculer. Mais il a aussi la réputation du gars qui les secoue quand il y en a besoin. « C’est l’histoire de mon coup de gueule à la mi-temps du match contre Oyonnax ? À Pompidou, le vestiaire est coupé en deux, côté joueurs et côté coaches. Là, j’ai entendu les joueurs qui soufflaient, qui râlaient après l’arbitre, alors je suis allé directement chez eux, ça m’a gonflé, j’avais la rage. On met des choses en place la semaine et là, même si le vent compliquait la donne, rien ne fonctionnait, on se faisait brasser devant, on ne faisait pas ce qu’il fallait en défense, on reproduisait les mêmes erreurs que deux semaines auparavant ! Ce n’était pas possible ! J’ai gueulé, c'est sorti tout seul, je n'ai même pas demandé quoi que ce soit à Fabien ! Et derrière ça l’a fait (victoire bonifiée 40-21) mais ce n’est pas moi qui l’ai fait, ce sont les gars ! » Newlands râle moins ? « Chacun est lui-même, répond l’Écossais, et Romain est plus un sanguin latin, moi plus anglo-saxon. Ça m’arrive aussi de me fâcher mais il faut vraiment que je sois énervé. »

UN GROUPE QUI SAIT VIVRE

Le constat, en tous cas, coup de gueule ou pas, c’est que l’encadrement obtient d’excellents résultats avec un effectif sur lequel il tire énormément, les joueurs du VRDR ayant des temps de jeu nettement supérieurs, en moyenne, à ceux des autres équipes. « Je crois que c’est le fruit d’un travail de longue haleine, explique Terrain, la troisième année avec Fabien, le titre et la montée auparavant avec Johann (Authier)… C’est un groupe qui a vécu des émotions, qui a surmonté un début de saison très dur l’an dernier, resté très longtemps dans la zone rouge, et qui a continué à bien travailler. Ce vécu permet d’être résilient, fort, de se construire dans l’adversité comme dans le succès. Et s’il n’est pas très important en nombre, il recèle beaucoup de talents. J’ai été surpris par le niveau des garçons quand je suis arrivé ici. Pas de stars mais de l’humain, ça bosse, ça chambre, ça rigole, ils font pas mal de trucs ensemble et ça soude même quand ça perd. »

Ce serait donc l’ambiance, l’état d’esprit qui ferait la différence ? « Ce qui compte d’abord, ce sont les joueurs, explique Newlands. S’ils gardent l’appétit pour le jeu, l’énergie pour s’entraîner, s’ils restent à 100%, on n’est déjà pas loin. Tu y ajoutes une victoire marquante ou même simplement le sentiment que tu as bien joué, ça booste pour la semaine d’après, ça fait boule de neige, tout le monde y croit, tu es sur une pente ascendante. Le rugby, c’est toujours une affaire de cycles. »

LES CARTES EN MAIN

Avec ce classement haut de gamme, le VRDR ne peut plus lâcher un match, comme ce fut parfois le cas à l’automne, l’équipe doit être performante sur chaque sortie. Ce niveau d’exigence ne crée-t-il pas une difficulté supplémentaire ? « En début de saison, explique Terrain, on essaie de percevoir, en fonction des blocs de quatre ou cinq matches qui nous attendent, en fonction des gros déplacements, ce qui serait idéal pour gérer l’effectif. Avec pour premier objectif assurer le maintien. Une fois celui-ci atteint, vu qu’on était dans le top 6 et vu la fin de calendrier qui serait très très dure, en raison des indisponibilités aussi, on a eu un passage difficile en janvier-février. Mais malgré tout, on a réussi à prendre des points à l'extérieur, à gagner quand même à domicile et ça ce fut la force du groupe, il a prouvé son caractère. Après, avec les retours de blessures, ça met de la concurrence, ça hausse le niveau à l’entraînement et, par ricochet, en match. Maintenant oui, aujourd'hui on ne peut pas se cacher. Qualifiés à deux journées de la fin, on a les cartes en main pour aller chercher un barrage à la maison. On n’a donc pas d’autre choix que de choisir l'équipe la plus compétitive possible. »

RÉÉQUILIBRAGE VERS L’AVANT

Les hommes du pack marquent beaucoup plus d’essais que la saison dernière quand les trois-quarts se taillaient la plus belle part de ce gâteau. Y a-t-il une explication à ce basculement vers l’avant ? « Encore une fois, ce sont les joueurs qui décident, explique Newlands. En termes de contenu, ce que je propose n’est guère différent de la saison dernière. La différence, c'est qu'on a amené deux ou trois joueurs avec une grosse densité. Ça change les perspectives. On savait rivaliser sur la vitesse quand des conditions étaient bonnes, qu'on pouvait déplacer le ballon avec des garçons bien physiquement, en mêlant vitesse et endurance. On péchait un peu sur le jeu très direct et c’est dans ce domaine que le recrutement nous a fait progresser.  On n’avait pas besoin de colosses de 150 kg, parce qu’on a toujours l’idée de déplacer le ballon, mais cette puissance supplémentaire nous offre des possibilités supplémentaires. »

Ce pack Damier conquérant est donc une sacrée fierté pour ceux qui en ont la charge… « Quand les joueurs votent entre eux pour élire l’homme du match, c’est presque toujours un avant qui est choisi, révèle Newlands. Ça nous fait plaisir, Romain et moi. Et puis Dorian (Marco-Pena) est très heureux d’être parmi les meilleurs marqueurs du championnat, c’est une récompense pour tous ceux du huit de devant. »

ÇA PLAQUE FORT, ÇA GRATTE PEU

Le VRDR est largement en tête de la Pro D2 quant au nombre de plaquages. Le fruit d’un travail spécifique. « Plaquer fort, c’est une base, on le rabâche chaque semaine, explique ce combattant que fut Romain Terrain. On a une manière bien à nous de défendre sur l’homme qui est efficace. Quand les 23 joueurs sont formés et prêts à ça, quand on sait que notre point fort c’est de récupérer le ballon pour le tenir et en faire bon usage, il faut créer du danger sur les turnovers. »

Il y a certes des points négatifs, peu de plaquages cassés, peu de ballons grattés, mais c’est assumé. « Pour le premier point, on privilégie le jeu debout, ça correspond à nos qualités et voilà deux journées où on marque des essais en jouant debout, explique Terrain. Et on leur déconseille d’aller gratter sauf exception parce qu’on s’est rendu compte qu’on est trop pénalisés et pas assez récompensés sur cette phase de jeu. On est plus dans l’idée de ralentir ou initier des contre-rucks. »

LA TOUCHE A CHANGÉ…

Et ces relatives difficultés à la touche, notamment sur les pénaltouches ? « La touche est un secteur où toutes les équipes ont plus de mal, détaille Newlands. Les meilleurs alignements étaient à 90 % de réussite en 2024-2025, c’est plutôt 80 % cette année. En revanche, nous tournons à environ 30% de ballons récupérés sur lancer adverse, ce qui est supérieur à nos stats de la saison passée. Il faut dire que l’adversaire conteste beaucoup plus, un peu partout et tout le temps. Après, nous aimerions être plus performants en zone de marque. À notre décharge, nous avons eu une longue période avec trop de blessés pour faire des séances spécifiques dans ce domaine, parce que nous n’étions pas assez nombreux à l’entraînement. Ce n’est pas une excuse, je pense que c’est d’abord lié au contre plus performant en face. »

Le changement de règle, qui annule une touche pas droite lorsque l’alignement adverse ne saute pas, a eu une grosse influence ? « Oui, poursuite Newlands, parce que l’idée de départ était de réduire le nombre d’arrêts liés aux touches pas droites… Mais j’ai l’impression qu’au contraire, on en siffle plus parce que lorsque ça saute des deux côtés, c’est jugé au millimètre alors qu’avant on y était moins attentifs. Je n’ai pas de chiffres globaux mais nous, en tous cas, on a eu plus de touches sifflées par l’arbitre qu’avant. »

UNE MOSAÏQUE DE PERSONNALITÉS

Dans un précédent entretien, Lucas Méret nous avait parlé d’un rapport établi par Scott Newlands, sur les interactions dans le groupe, les personnalités différentes des joueurs… L’intéressé l’explique : « On appelle ça le disque, pour évaluer les personnalités. En gros, les gars ont répondu à un questionnaire, incluant le comportement devant le montage d’un meuble IKEA, pour leur montrer que chacun peut avoir une attitude ou des réactions différentes devant une même situation et donc, améliorer leurs relations en favorisant leur compréhension mutuelle. Ça leur a plu, ça a bien marché, et on a vu qu’on a un bon équilibre des caractères dans le groupe. On divise ça en couleurs, il ne faut pas trop de rouge et on n’en pas trop, c’est bien ! »

GAGNER À DAX… ET RESTER AU CLUB !

La fin de saison ? « Depuis qu’on est dans le top 6, on a les cartes en main, rappelle Terrain, et on sait ce qu’il nous reste à faire pour les garder en vue d’un barrage à domicile : gagner à Dax. »

Les choses sont claires côté sportif. Et côté contrats ?  « Moi je reste, affirme Romain Terrain, venu l’été dernier à la demande de Fortassin. Je serai au VRDR la saison prochaine, je me sens bien ici, le travail n’est pas fini. On est en discussion avec la direction pour savoir qui va remplacer Fabien et plus tôt on le saura, plus tôt ça libèrera et rassurera tout le monde. »

Scott Newlands, plus ancien dans la fonction, déjà du temps de Johann Authier, continuera également l’aventure, ainsi que l’ensemble de l’encadrement.

P. Laf.

 

TROIS BONNES NOUVELLES

  • Paul Marsan, l’ailier arrivé de Niort comme joker médical en mars et qui a crevé l’écran depuis vient de signer un contrat de deux ans en faveur du VRDR.
  • Les Espoirs, en allant chercher un bonus défensif à Agen (26-28) la semaine dernière, ont assuré leur maintien en Élite.
  • Le dernier match face à Provence le 15 mai, qui sera aussi l’occasion de fêter le 10e anniversaire du club, se jouera à guichets fermés : les 10 000 places ont déjà trouvé preneur !

 

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FORTASSIN S'EN VA!

29 Avril 2026

Vous lirez ci-dessus le communiqué publié ce mercredi matin "à contre-coeur" par le VRDR. Il officialise ce qu'on subodorait depuis plusieurs semaines: Fabien Fortassin va quitter le club dès la fin de l'actuelle saison pour rejoindre le projet du CA Brive.

C'est évidemment une grande déception et un regret. Déception de voir partir celui qui a conduit le VRDR à cette qualification historique au bout de trois saisons d'un travail remarquable et apprécié de tous. Regret de voir le club ainsi brutalement orphelin de celui qui menait ses troupes vers de nouveaux horizons inespérés il y a peu et qui concrétisait déjà des ambitions initialement portées à plus long terme. Celui qui, par sa conception du jeu, sa manière de l'aborder et le partage qu'il en proposait, avait su donner une image attrayante de son équipe. Laquelle séduisait, autant dans le combat que dans sa volonté de mouvement, un large public dans des proportions encore jamais constatées à Pompidou et, au-delà, tout le monde du rugby hexagonal.

Nous le regretterons d'autant plus qu'il avait un don pour les relations humaines et médiatiques, toujours disponible et affable, chaleureux tout en gardant la distance nécessaire au parfait exercice de son rôle managérial.

Il était évident que sa réussite dans la Drôme allait attirer les convoitises de clubs plus huppés, aux moyens plus importants et que, dans un monde qui se professionnalise - peut-être à l'excès -, conserver ses compétences allait être difficile. On espérait qu'il irait au moins au bout de son engagement avec une formation qui lui a permis de révéler ses qualités à haut niveau et auprès de dirigeants qui lui ont toujours manifesté et conservé une indéfectible confiance même lorsque les résultats n'étaient pas au rendez-vous. Ce n'est malheureusement pas le cas, la complicité et la connexion avec Grégory Patat, son ami et concitoyen gersois, et un plan de carrière sans doute plus identifiable l'ont convaincu de répondre à cette offre, les planètes étant alignées. Fabien Fortassin aura cependant confirmé que la greffe d'un coach venu du Sud-Ouest fonctionne souvent bien dans un club des bords du Rhône...

Même si cette séparation avant l'heure nous rend triste et laisse un goût amer, il convient cependant de le remercier pour avoir hissé le VRDR à ce niveau et créé, avec son staff et les joueurs bien sûr, un intérêt et un engouement inédits. Avant de lui souhaiter bon vent et pleine réussite dans ses nouvelles fonctions, on reste persuadé qu'il saura conduire les Damiers au plus haut de ce qu'ils méritent cette saison, à savoir évidemment un barrage, qu'ils vont essayer d'accrocher à domicile. En espérant que cette annonce n'empêchera pas le groupe de performer à Dax puis contre Provence pour la fête des 10 ans qui promet d'être magnifique.

On se consolera en supputant qu'on ne peut contraindre quelqu'un à rester lorsqu'il ne le souhaite plus, qu'on était peut-être à la fin d'un cycle - rappelons que les deux surprises des saisons précédentes, Dax puis Angoulême, ont ensuite enchaîné avec un exercice bien moins brillant... - et que ce départ, non seulement va aider à remplir un peu les caisses du VRDR - Brive va devoir racheter la dernière année de contrat - mais pourra - obligera! - à partir sur une nouvelle formule forcément inventive et peut-être régénératrice. On peut en effet supposer que les présidents et leurs équipes, prévenus déjà depuis mars au moins de cette probable défection, ont balisé l'avenir. Le départ de Johann Authier, après le titre de Nationale, avait donné lieu à une âpre recherche et, finalement, à une bonne pioche!

Croisons les doigts et restons concentrés sur ce mois de mai qui sera, quoi qu'il arrive, une fête.

P. Laf.

 

 

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QUALIFIÉS !

24 Avril 2026

L’avantage, quand tu joues un jeudi soir, en dehors de l’exposition médiatique induite, c’est que tu peux regarder les autres s’entrebattre depuis ton canapé le lendemain soir. Et ce lendemain, comme espéré, a chanté pour le VRDR. Le magnifique succès des Damiers sur Brive (33-27) leur a en effet permis de siroter tranquillement l’officialisation de leur qualification pour les play-offs : même si Agen a longtemps résisté à Oyonnax, sa défaite au final (12 - 39) était la condition suffisante pour garantir aux Drômois une place dans les six premiers. His-to-ri-que ! Grande première pour un club qui fêtera le 15 mai ses 10 ans par une « Birthday Party » (en cédant à l’invasion des anglicismes) à l’occasion de la venue de Provence Rugby, laquelle promet d’être grandiose et ne sera donc en rien la « Closing Party » du printemps dernier puisque, cette fois, il y aura une suite, au moins jusqu’au 22 mai.

Qualifiés, voilà un premier exploit. Qui n’est pourtant pas une fin en soi. Parce que l’objectif devient clairement de terminer dans les quatre premiers pour disputer ce barrage à domicile. Examinons les chances d’y parvenir.

Si les hommes de Fortassin ont donc repoussé Brive à six points et se sont mis définitivement hors d’atteinte des Agenais, ils ont dans le même temps perdu une unité sur Provence, qui les devance désormais de 4 points et également sur Oyonnax (également qualifié grâce à son bonus offensif) qui revient à 3 longueurs. Notons - même si c’est sans doute anecdotique - que la deuxième place de Colomiers (défait à Biarritz, 14-31) n’est pas théoriquement inaccessible, six points devant. Colomiers recevra Mont-de-Marsan, à la bagarre pour éviter l’avant-dernière position, puis ira à Grenoble.

En perspective, la 4e place, qu’ils détiennent actuellement, est parfaitement jouable pour les Damiers qui se déplaceront le 8 mai à Dax – quasiment assuré de son maintien – avant donc cette folle soirée contre Aix-en-Provence. Notons cependant que la formation dirigée par le Romanais Philippe Saint-André aura d’ici là accueilli le leader vannetais jamais disposé à lâcher quoi que ce soit… Il n’est pas à exclure que la troisième place soit alors l’enjeu du « Birthday Game ».

Mais il faut aussi considérer qu’Oyonnax et Brive demeurent très menaçants : les Aindinois se déplaceront à Nevers avant de recevoir Aurillac, deux formations qui n’ont plus rien à jouer ; les Corréziens, avant la réception de Nevers, se rendront à Carcassonne, déjà condamné à retourner en Nationale après avoir perdu (20-30) le derby contre Béziers.

Le calendrier du 5e et du 6e apparaît donc plus aisé, sur le papier, que celui des 3e et 4e… Cela promet donc une formidable indécision, peut-être jusqu’à la dernière minute de la 30e journée. On en salive d’avance. Mais quoi qu'il advienne, le VRDR jouera les barrages! Bravo, bravissimo!

P. Laf.

ATTENTION AUX POINTS TERRAIN !

Si la victoire à Maurice-David (-), en début de saison, donne a priori aux Damiers l’avantage en cas d’égalité avec Provence, tous les autres ex-aequo potentiels (avec Colomiers, Oyonnax et Brive) leur seraient défavorables en raison de leur retard en « points terrain » ou au goal-average général. Pour devancer ces trois formations, il faudra compter au moins un point de plus au classement final.

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