RENDEZ-VOUS JEUDI !
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Il y a la règle, sa lettre et son esprit. La lettre de la règle, en la circonstance, est floue. L’article 6-16 du protocole vidéo laisse place au doute. Est-on sur du « formel » ou du « direct » ? Elle n’évoque pas ce cas d’espèce. Mais quoi qu’il en soit, sur une transformation aussi décisive après ce magnifique essai « du bout du monde » et du bout du match, l’arbitre n’a pas eu le comportement adéquat. Il échange à la fois avec les officiels de la vidéo et le capitaine neversois qui râle tandis que Xavier Péméja, l’ineffable Guy Roux de Nevers, s’agite auprès du 4e arbitre. Personne ne se préoccupe de Thomas Lhusero, qui tente de se préparer dans ce foutoir ambiant pendant que le temps tourne. Quand M. Praderie revient aux affaires, il appelle le buteur, à 18 secondes du terme, qui comprend enfin, alors qu’il n’en reste plus que 13, qu’il n’est pas au bon endroit pour sa tentative. Panique, propos peu amènes de l’arbitre – « Ce n’est pas mon problème, c’est le vôtre ! » - et pour finir un coup de pied avorté…
Son problème à Monsieur l’Arbitre, c’est de faire régner l’ordre et la sérénité sur le terrain, surtout dans un moment aussi crucial, et on va se permettre de lui expliquer qu’il avait alors trois solutions : commencer par s’assurer que Lhusero était bien au bon endroit avant de discuter avec des acteurs en furie ; demander un arrêt du temps pour une vérification vidéo ; ou encore vérifier que le tee était posé au point exact, laisser la transformation s’exécuter et ensuite, comme c’est désormais permis, s’assurer de la validité de l’essai d’Owen Lane.
Il a choisi la quatrième, la pire, l’injuste. Celle qui a fait dire fort justement à Fabien Fortassin, d’un propos d’autant plus mesuré – devant les micros de L’Impartial, Le Dauphiné Libéré et ICI Drôme-Ardèche - qu’il est déjà convoqué par la commission de discipline ce mercredi : « Ce n’est pas très classe ! Ce n’est pas normal pour un coup de pied d’une telle importance et ce n’est pas digne d’une rencontre de Pro D2. » Cette fin en eau de boudin ne ressemblait à rien en effet ! La transformation de gagne envolée, les Damiers ont échoué à une unité près (35-36).
On retiendra une autre phrase lucide de Fabien Fortassin : « Ce n’est pas toujours le meilleur qui gagne, c’est ce qui fait le piment du sport ! » Et il n’y avait aucune forfanterie dans cette assertion qui correspond à la stricte vérité. Pendant 50 minutes, le VRDR a maîtrisé son adversaire en exploitant presque – à l’exception des pénaltouches mal négociées – tous les bons coups à jouer, confirmant sa capacité à exploiter les erreurs d’en face, son réalisme froid, son appétence pour les situations désordonnées, ses grosses qualités défensives et la force de son pack. Puis il y eut ces vingt minutes de révolte neversoise, un moment fort parti d’un renvoi mal négocié et qui a déclenché un tourbillon de 4 essais encaissés pour un 0-28 ! Mais la fin de match des Damiers aurait sans doute mérité meilleure récompense que le simple point du bonus.
Dans cette déception on piochera cependant une belle satisfaction malgré le flagrant manque d’automatismes et les points laissés au pied : la concurrence s’exacerbe dans le groupe, nombre d’appelés ayant répondu présent à commencer par le très tonique Paul Marsan. Xavier Mignot monte en régime, on a retrouvé le meilleur Andréa Pontanier, Gareth Milasinovich a inscrit son premier essai « drômois », Hugo Fabrègue, Loan Real, Adrien Roux… On ne peut tous les citer.
Il faut vite tourner la page de cette déception qui oblige désormais les Damiers à battre Brive – qui vient de passer 11 essais et 75 points à Aurillac ! - ce jeudi (21 heures) à Pompidou, sous peine d’une grave désillusion. Provence a gagné à Béziers (31-30 !), Oyonnax a gratt un point à Grenoble, Agen en a pris cinq… Cela ne cesse de se resserrer.
Pompidou fera le plein, c’est devenu l’excellente habitude du printemps, et l’adversaire sera de taille, de très grande taille ! Espérons que cela ne se jouera pas sur un tee mal placé !
P. Laf.
EN MISSION
Sans préjuger du résultat de Agen-Biarritz qui se dispute ce jeudi soir, un succès à Nevers (ce vendredi 19h30) validerait quasiment la qualification du VRDR pour les barrages et le laisserait en très bonne voie pour accrocher une place de 3e ou 4e avec les avantages qui y sont attachés.
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C’est pourquoi, même à quelques jours seulement de la décisive et excitante réception de Brive (jeudi 23 avril à 21 heures), Fabien Fortassin a évidemment fait tourner mais présentera dans la Nièvre une équipe compétitive et qu’il juge « assez sexy et pleine d’énergie ». Sont ainsi logiquement mis au repos ceux qui ont beaucoup donné ou doivent encore se soigner : Vial, Aléo, Marco-Pena, Goumat, Spanderashvili, Bholi, Vachon, Rodor, Méret, Marrou et Rozière. Et seront assis sur le banc deux titulaires en puissance : McCauley et Idrissi. Mais avec les retours de Pontanier, Neiceru, Martin, la fin de suspension de Real et les grands débuts d’Issam Hamel, le talonneur transfuge de Brive, le groupe a fière allure.
Certes, il n’est jamais facile – et le VRDR ne l’a encore jamais fait ! – de s’imposer dans la bonbonnière du Pré Fleuri, d’autant que les Neversois, loin de leurs ambitions initiales, ont un urgent besoin de points pour se mettre à l’abri de la menace d’une relégation. « C’est une équipe très dangereuse offensivement », prévient Fortassin. Mais ses Damiers, qui surfent sur l’enthousiasme, portés par la course à leurs objectifs élevés, ne s’interdisent plus rien.
Ceux qui feront le déplacement sont donc investis d’une mission, « dans le bon match pour qu’ils prennent de la confiance » (Fortassin) : tenter, par un résultat positif, de repousser encore les assauts de leurs poursuivants à l’appétit d’ogre retrouvé, Provence et surtout Brive et Oyonnax.
Avec le pack annoncé, aucun souci une nouvelle fois pour la conquête a priori, restera à la charnière Lhusero - Moura, qui a connu de belles heures mais est reconstituée pour la première fois cette saison, d’orchestrer au mieux les envolées des lignes arrière. Certes, « on peut craindre un manque de rythme ou d’automatismes », annonce Fortassin, mais son banc en 5-3 indique une volonté affirmée de prendre des risques. Chaque rencontre de cette dernière ligne droite, à quatre journées du terme de la saison régulière, fait saliver et se doit d’être abordée avec la détermination qui sied à ceux qui ont pris pied parmi les cadors de la compétition.
Que ce printemps soit fou à chaque rendez-vous et jusqu’au bout !
P. Laf.
LA COMPO : Pontanier, Idoumi, Milasinovich – Huguen, Fabrègue – Roux (cap.), Real, Suaud – Lhusero (m), Moura (o) – Marsan, Neiceru, Mignot, Lane – Martin.
REMPL. : Chanet, Hamel, Goze, McCauley, Coulibaly, Randle, Dumas, Idrissi.
HUGUEN PART à BOURGOIN
Le jeune 2e ligne Nathan Huguen, arrivé il y a deux saisons du Stade Français, s’est engagé avec le CS Bourgoin-Jallieu (Nationale) à partir de juillet prochain. Nathan est déjà apparu onze fois sur les feuilles de match du VRDR cette saison, donc cinq comme titulaire.
FORTASSIN SANCTIONNé ?
Le manager général du VRDR, Fabien Fortassin, est convoqué le mercredi 22 avril devant la commission de la discipline de la LNR à la suite d’un rapport du 4e arbitre sur son comportement lors de la rencontre face à Colomiers. On se souvient que le coach drômois avait protesté – et à juste titre – à la suite d’un essai en filou de Danglot, justement refusé après vérification sur la vidéo…
L’AVENIR DE POMPIDOU : UN POINT COMPLET
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La récente publication, sur le site du VRDR, d’un document présentant les différentes étapes des travaux engagés pour la modernisation du stade Pompidou a suscité questions voire inquiétudes chez les suiveurs et supporters du club. Nous nous en sommes faits le réceptacle puis l’écho et Adrien Ruiz, directeur général du VRDR et acteur central du projet, a bien voulu y répondre.
Avant de vous proposer ensuite l’intégralité de l’entretien qu’il nous a accordé, et qui vous permettra d’embrasser l’ensemble des problématiques et de connaître tous les détails du dossier à l’instant T, je vous soumets, en préambule, un résumé des points principaux. Ce qu’il faut savoir pour se faire une idée plus précise d’un projet évolutif.
- L’enseignement n°1, c’est que tout n’est pas gravé dans le marbre – ou dans le béton en l’occurrence : beaucoup d’éléments du dossier sont encore à discuter ou à finaliser, beaucoup d’options restent sur la table. Parmi les phrases à retenir : « A terme, on ne se refuse aucun scénario. » Ou encore : « On ira chercher de la capacité assise couverte. »
- L’abandon du projet du Koesio Stadium devrait être, finalement, un mal pour un bien : ç’aurait certes été un bijou mais le maintien à Pompidou présente nombre d’avantages. Le site est vaste, permet des adaptations et évolutions ultérieures, il est quasiment en ville et le mécénat de Piéric Brenier, en se détournant vers la construction d’un stade d’athlétisme et d’un pôle de formation d’excellence offrira d’autres atouts essentiels au développement du VRDR.
- La capacité de la nouvelle tribune ouest est limitée par des contraintes topographiques, environnementales, budgétaires et réglementaires.
- Le club n’est pas le financeur du chantier et doit donc tenir compte des avis et intérêts de ses partenaires.
- Objectif : jouer le plus souvent à guichets fermés en priorisant les abonnés et en assurant des places abritées aux supporters du 16e Damier.
- Après 2029, au sud comme au nord, des structures remplaçant la piste pourront rapprocher les spectateurs du terrain.
- Les prix d’entrée au stade connaîtront bien sûr une hausse mais elle sera contenue, négociée au plus juste pour les abonnés et avec un tarif avantageux pour les supporters du 16e Damier.
- En 2028, Pompidou proposera 7 635 places assises auxquelles pourront s’ajouter 3 000 places debout en cas de grosse affiche, soit plus de 10 000 spectateurs au total.
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La Chronique : L’abandon du projet Koesio Stadium à la gare TGV a été pour beaucoup une déception…
- Adrien Ruiz : Cela peut se comprendre mais, au final, c’est un mal pour un bien. Cela fait près de trois ans qu'on travaille avec la Ville pour une amélioration globale du site de Pompidou. Le projet a d’abord été dimensionné pour un club de pro D2 afin d’assurer le label de la Ligue nationale de rugby et ne pas être sanctionné. Quand est arrivé le super projet du Koesio Stadium sous l'impulsion de Piéric Brenier, le club a continué à avancer sur les deux hypothèses. Et quand il s’est agi de rebattre les cartes, on a cherché le projet qui pouvait servir le mieux les intérêts de l'ensemble des parties. Demander à Piéric Brenier de participer à l'amélioration du dossier du nouveau Pompidou s’est alors imposé comme une belle opportunité. Il a alors accepté de financer des aménagements hyper importants, qui servent grandement les ambitions du VRDR : créer un stade d'athlétisme multisports et multi-associations à Briffaut qui va permettre, en 2029, de mettre Pompidou en configuration exclusivement dédiée aux sports collectifs ; et bâtir un centre d'excellence - 5 millions d'euros investis à 100 % par Piéric Brenier – qui mettront toutes les équipes de jeunes, les 15-18 ans, dans des conditions exceptionnelles et permettront au club de fidéliser et conserver leurs éléments au plus fort potentiel. Cela va répondre à un gros enjeu pour notre plan de développement. C’est une nouvelle dynamique qu’on va ainsi initier.
- C’est un beau projet pour le club mais les spectateurs vont-ils s’y retrouver ? Par exemple, pourquoi ne pas créer une tribune ouest plus grande ?
- La nouvelle tribune ouest va proposer 2 920 places dont environ 500 pour les VIP. Restent 2 400 places grand public. Sa dimension tient compte de la longueur du terrain, des limites budgétaires et de la hauteur maximum autorisée par le PLU (plan local d’urbanisme). Il ne faut pas oublier que le coût des travaux englobe des aménagements massifs, à commencer par l’autre tribune, la rénovation des guichets, de l’espace d’accueil, etc. De plus, d’importantes contraintes environnementales ont dû être prises en compte, avec de nombreuses espèces protégées ou arbres remarquables implantés dans l’actuelle butte végétale ouest, qu’il a convenu de conserver ou de compenser pour ne pas dénaturer ce site si particulier. Ce fut une enjeu important pour les services de la Ville et nous sommes sur un compromis alliant efficacité du projet et préservation du site émergé.
- La tribune Elie Cester ne grandit pas…
- Il faut lever une incompréhension pour la tribune Cester : l’agrément préfectoral lui confère une capacité globale de 3 000 places mais cela date de l’époque du football en Ligue 2. Vingt ans après, les référentiels ne sont plus du tout les mêmes avec la Ligue nationale de rugby. Nous ne pouvons exploiter que 2 500 sièges avec visibilité correcte – le premier rang, par exemple, est non commercialisable en raison du mur qui fait écran. Pour les tribunes ouest et Cester, on part donc sur le maximum qu’autorisent la topographie du site, les contraintes d’urbanisme et notre volonté d’intégrer des places d'hospitalité de bonne qualité.
- On a parfois l’impression qu’on s’intéresse plus aux partenaires qu’au grand public…
- Dans l’Observatoire des stades que publie chaque année la LNR, il apparaît notamment que le VRDR est aujourd'hui le seul club professionnel qui ne dispose pas de place VIP avec visibilité sur le terrain. C’est une condition incontournable pour l’atteinte du label « Stade LNR » et, évidemment, un manque de possibilités commerciales et de développement.
- Il y a pourtant « les Terrasses de Pompidou » ?
- Oui mais c’est très limité, les invités sont debout, il n’y a pas de siège associé, ce n’est pas une prestation au niveau de ce qu’on souhaite proposer. L’idée, tribune ouest, c’est d’intégrer un salon de 400m2 et une douzaine de loges. C’était une nécessité pour compléter notre offre VIP. Mais avec 2 500 places grand public couvertes supplémentaires, on double la capacité de sièges à l’abri par rapport à aujourd’hui et on n’oublie donc pas les supporters. Il y a trois ans, cela nous paraissait un bon début. Avec une affluence moyenne à 5 500 cette saison, avec la dynamique qui s’est instaurée, on sait aujourd’hui que cette jauge va vite devoir être améliorée et c'est tant mieux. On y travaille !
- Il le faut, parce que 5 400 places couvertes, cela ne correspond pas à l’ambition du « Projet Damiers 2029 » pour jouer la montée en Top 14…
- Les modèles qui nous inspirent sont ceux qui ont pris le temps de construire sur la durée, La Rochelle ou Vannes par exemple, qui ont amélioré progressivement leur enceinte au fur et à mesure que grandissaient leurs objectifs sportifs. Ça nous inspire d'autant plus que le club ne finance pas ces opérations-là. Il faut d’ailleurs rendre hommage ici aux porteurs et financeurs principaux de ce projet que sont la Ville de Valence et son maire, Nicolas Daragon, l’Agglomération, la Région, et l’Etat, accompagnés par Piéric Brenier. Quant au VRDR, il investira en propre plusieurs centaines de milliers d’euros pour finaliser les aménagements.
- La méthode, c’est donc d’avancer pas à pas ?
- Nous sommes pragmatiques depuis dix ans avec les présidents, on y va par étapes. Remplir le stade de façon pérenne et régulière avec 7 000 ou 8 000 personnes dont 5 500 assises, dans un stade de meilleure qualité avec des services et une exploitation adaptés, c'est déjà un grand pas et même un bond en avant par rapport à aujourd'hui. Vendredi dernier contre Colomiers, quand on passe la barre des 7 000 spectateurs on était au maximum de ce qu'on sait faire en termes d'exploitation, d’accueil, de guichets, de service boissons et nourriture… Demain, on espère, en partant sur une logique de remplissage maximum, pouvoir porter des projets d’extension, notamment au nord ou au sud. Faire un stade de 12 000 places parce que deux fois dans l'année on va le remplir, ce peut être délétère parce qu’il va falloir en assumer l'exploitation toute l'année alors que parfois on a eu des matchs à 4 000 entrées sur la période hivernale. Si on parvient à basculer ces matchs-là vers les 8 000 parce qu’on a la qualité des services associés, ce sera une avancée formidable, surtout pour les publics qui sont prioritaires à nos yeux, les abonnés, les partenaires historiques, le grand public régulier. C’est pour ces cibles-là que le projet va être le plus pertinent. Il est important de rappeler que si l’investissement de mise à niveau de l’infrastructure est très largement financé par les collectivités, le VRDR, en tant que société anonyme sportive professionnelle, paiera une redevance d’occupation et assumera financièrement la charge d’exploitation d’espaces nouvellement créés.
- Vous aller ouvrir voire évaser le virage sud ?
- Au sud, on a actuellement notre bodega et notre boutique dans des structures de type « chapiteau » et on veut faire évoluer ça dès mai 2027 : créer un parvis convivial, équipé, pour y vivre une belle expérience. On est en train d'évaluer l’infrastructure qui serait la mieux adaptée, pour faire tampon entre le parvis et le terrain. Pourquoi ne pas y installer des places supplémentaires, soit en gradins devant la bodega, ou carrément un projet plus ambitieux en investissant dans une structure remplaçant la piste en 2029 pour rapprocher le public du terrain. Créer un lieu qui serve d’introduction au stade et à la communauté VRDR et également utilisable en dehors des jours de match.
- Cela restera cependant ouvert au vent du Midi et à la pluie ? On reproche parfois au projet de privilégier l’esthétique à l’efficacité…
- En jour de match, nous aurons l'équivalent de la Bodega en beaucoup mieux, qui mettra les gens à l'abri et, positionnée au fond de l’esplanade, viendra couper le vent sur le terrain. On peut même imaginer un jeu de vitrages pour voir le match depuis le parvis.
- Et au nord ?
- On aimerait pourquoi pas s’inspirer de Bayonne, où la rénovation d’une moitié du stade a inclus tout un secteur derrière l’en-but avec un retour vers la latérale. C’est là qu’a été bâtie la zone sportive avec les vestiaires et une tribune au-dessus de capacité importante. Il y a une partie VIP mais beaucoup de sièges grand public. On pense que ce serait une bonne idée pour à la fois avoir des vestiaires mieux adaptés et augmenter la capacité du stade en proposant, finalement, une extension à la tribune nouvellement construite. Ça, ce sont des projets pas encore financés aujourd’hui mais qu’on pourra envisager si l’on parvient, d’abord, à exploiter à fond le stade qui sera livré en 2028.
- Pourquoi ne pas prévoir du provisoire en vue des évolutions ultérieures ?
- On n’a pas envisagé du provisoire. Nous avons pu en voir et en étudier, par exemple au stade du Hameau à Pau, mais c’était cher et pas forcément intéressant au regard de la pérennité, de considérations techniques délicates, de la prise au vent, ça laissait passer l’air et l’eau… Le temporaire ne nous a pas séduit. En revanche, rien n’empêche de songer à une structure de type modulaire comme en a réalisé GL Events dans la région (notamment le Matmut Stadium à Lyon). Cela reste des investissements lourds et, à court terme, très compliqués parce qu’il faut épouser l’arrondi de la piste. Mais à long terme, à partir de 2029, il sera possible de rapprocher le virage nord de la pelouse avec éventuellement une couverture en partant d’une extension de la tribune ouest. On ne se refuse aucun scénario. On finalise d’abord le projet en cours, on l’exploite correctement, et ensuite on ira chercher de la capacité assise couverte, ce sera une nécessité pour accompagner cette dynamique, on l’a bien en tête.
- Les supporters du 16e Damier s’inquiètent de savoir s’ils seront ou non à l’abri et, surtout, à quel tarif…
- Nous avons de quoi les rassurer. Avec 5 500 à 5 600 sièges couverts en 2028, il n’y aura pas de souci. On a des réservoirs avec les places dédiées aux ayants droit, aux invitations écoles de rugby par exemple ou actionnaires, aux salariés du club, aux familles des joueurs, au club adverse, etc. Ce que j’appelle les publics « réglementaires ». Là où on devient très sûrs de nous, c’est qu’avec autant de places couvertes, on augmente largement la partie commercialisable. Et les publics prioritaires sur cette partie, ce sont les abonnés et dans ces abonnés, bien évidemment, les membres du club de supporters qui fait un super boulot et qu’on est hyper contents d’avoir à nos côtés. Bien sûr qu’ils seront en tribune couverte et bien sûr qu’ils auront un tarif préférentiel.
- A quel niveau ?
- Le prix des abonnements, c'est vraiment tôt pour le chiffrer précisément mais on fera tout pour continuer de les avoir avec nous, on les voit régulièrement (1), on continuera à leur donner des avantages. Pour nous, c'est extrêmement important leurs animations, la création d'ambiance, leur fidélité, l'organisation des déplacements. On a aujourd’hui des prix d'appel qui sont parmi les plus bas de la Pro D2. On l'assume parce qu’on n’a pas une offre d’expérience qui permet de faire des folies et aussi parce que c'est dans la stratégie du club. Il faut cependant savoir que sur les 9 millions d'euros de budget du secteur professionnel, 6 viennent des partenaires économiques privés, du sponsoring et de l'organisation d'évènements hors jours de match. Deux viennent des droits télé. Le reste est issu du grand public et ne progresse que depuis deux ans. Cela veut dire qu’on a réussi à faire baisser la pression sur ces revenus-là dans notre modèle de construction du club et qu’on a donc une marge de manœuvre pour nous aider à être compétitifs au niveau du top 6 de la pro D2. On va trouver cet entre-deux en montrant aux candidats spectateurs que la meilleure façon de se procurer une des 2 500 places assises couvertes à vendre pour chaque rencontre, c’est de s’abonner. On aura une politique tarifaire en ce sens. Ce qui crée de la valeur pour le club et pour les supporters, c'est la récurrence. C’est gagnant-gagnant. On va trouver le point d’équilibre, en discutant avec nos abonnés, pour rester cohérent avec leur pouvoir d’achat et les ambitions du club.
- Certains auraient aimé une tribune carrément VIP et une autre entièrement populaire où la ferveur serait encore plus forte…
- On avait vraiment besoin de créer des espaces d'hospitalité dans la nouvelle tribune. Aujourd'hui, les espaces d'hospitalité, donc les salons et les loges, c'est vraiment ce qui peut permettre au club d'aller chercher son ambition de s'installer dans le top 6. Les enjeux économiques qui sont liés à ces places-là sont massifs. On pourrait effectivement imaginer un modèle dans lequel la tribune Cester devient 100 % grand public et toute la jauge VIP installée en face. On n'a pas encore tranché. On a des espaces VIP qui sont déjà positionnés dans la tribune Cester. On va a minima y garder deux salons et les terrasses, donc des places d'hospitalité dans les deux tribunes. Mais sur la répartition des publics, le sujet est sur la table aujourd'hui. La problématique, c’est qu’on éloigne les VIP des réceptifs d’avant ou après match. On est en pleine réflexion.
- Il va y avoir des saisons de transition…
- La campagne de renouvellement des partenariats pour la saison prochaine a démarré et on va garder les équilibres en place. Mais on pense déjà notre offre pour la saison d'après. Et sur quel endroit on met quel type de public… On aura des discussions avec toutes les parties prenantes pour proposer la solution la plus cohérente. Sachant qu’on pourra gagner un petit peu sur la piste…
- Les avancées sur la piste seront protégées des intempéries ?
- Dans un premier temps, ce seront des places debout, à ciel ouvert. Une fois que la piste ne sera plus là, on pourra les transformer en places assises au bas des tribunes. Côté Cester, elles ne seront pas couvertes, on voit que déjà les premiers rangs actuels prennent la pluie… Côté Ouest, vu que la casquette de la tribune est limitée par le PLU, on ne peut pas l'étendre plus pour prévoir la couverture. Il y aura des rangs couverts mais avec potentiellement des entrées de pluie en travers.
- Vous évoquez un stade à 10 000 places. Mais la jauge 2028 en annonce 7 635. Les autres, où sont-elles ?
- Ce sera du pesage debout. On a une autorisation de 3 000 personnes sur la piste. On va peut-être même le faire avant, en cas de barrage à domicile par exemple. Le frein, ce sont les barrières de sécurité anti-écrasement obligatoires et que ce n’est pas donné !
- Et l’écran géant ? Toujours côté nord ?
- À court terme, il ne va pas bouger. On voulait le mettre plus haut mais c’était plus compliqué techniquement en raison de la prise au vent et le diffuseur, la Ligue et les arbitres l’ont souhaité en bas. Avec l’aménagement ultérieur de cette zone, on le déplacera, quitte même à en installer un second en diagonale, comme dans d’autres stades.
- Tout ça va prendre du temps et mobiliser de l’énergie…
- Il y a eu une vraie accélération sur ces deux dernières saisons. Tant mieux, parce que le VRDR s’invite dans la cour des grands mais ç’a des impacts sur le rythme auquel le club doit évoluer. On fait face, et on a besoin de tous !
Propos recueillis par P. Laf.
(1) Une réunion avec les responsables du 16e Damier, pour parler des saisons de transitions et du projet, est prévue ce mardi soir 14 avril.
DAMIERS EN FOLIE !
Aucun mot d’excuse n’étant plus accepté en ce printemps, si vous lisez ces lignes c’est que vous avez assisté, parmi les 7 500 présents à Pompidou ou au moins sur un écran, à la nouvelle victoire du VRDR, face à Colomiers cette fois, 32-25. Encore du grand spectacle, des frissons et de la joie au final : les scénarios se suivent et se ressemblent pour le plus grand bonheur du club et ses suiveurs.
Nous allons donc plutôt nous attacher ici à tirer les premiers enseignements d’un succès qui doit encore énormément au courage, à l’abnégation, à la volonté, la solidarité et au réalisme d’un groupe qui sait conquérir, pousser, offrir du jeu et défendre à très haut niveau.
Le mental, l’enthousiasme sont devenus les ingrédients de base d’une recette qui assure la réussite. Pour preuve ces bidouillages rendus nécessaires par la pénurie à certains postes et qui ne nuisent pas au rendement : remporter des mêlées décisives avec une troisième ligne qui associe un talonneur (Idoumi) et un centre (Marrou), ce n’est pas banal et révélateur d’un état d’esprit plus fort que l’expérience ou la fatigue.
Colomiers est donc reparti à vide, comme toutes les équipes qui sont venues se faire battre à Pompidou – à la seule exception du bulldozer Vannes évidemment ! – et a payé cher son indiscipline : « Quand tu commets trop de fautes, face à un buteur clinique comme Lucas Méret, tu te fais punir ! » ont constaté en chœur l’entraîneur columérin, Florian Nicot, et son capitaine Jean Thomas. Un Méret encore à 100% de réussite et qui file vers les 300 points (déjà 292 au compteur) malgré un genou en grande souffrance. Passer 32 points à la meilleure défense de Pro D2 (seul Vannes, toujours, a fait mieux cette saison) relève de la performance d’exception.
Les fins de match basculent désormais presque toujours en faveur des Damiers, preuve que l’encadrement, qui use pourtant son effectif jusqu’à la corde, sait l’entourer au mieux, avec sollicitude et intelligence : grâce soit donc rendue à Fortassin, ses adjoints Scott Newlands et Romain Terrain, les préparateurs physiques et l’ensemble du staff, pour ce travail d’orfèvre auprès de leurs hommes. Et au 16e Damier, sa ferveur et la Bamba, qui ont su embarquer le public dans un soutien bruyant et sans faille dans le money time.
La fin d’exercice, quant à elle, se présente sous un jour éminemment favorable. À quatre matches du terme de la saison régulière, malgré Agen (14 points derrière si l’on tient compte du point average particulier positif) qui s’accroche à son espoir, la qualification est pratiquement acquise. Et une place dans les quatre premiers envisageable. On en saura encore un peu plus vendredi après le déplacement à Nevers – où l’effectif va tourner – et surtout jeudi 23 avril avec un nouveau choc excitant face à Brive (21 heures).
Côté infirmerie, on notera que Matthieu Vachon est sorti en traînant la patte et qu’Ilia Spanderashvili, qui a joué grippé, a récolté, avec son carton jaune, une fracture du nez…
Et, pour notre propre instruction, notons que l’arbitre M. Marbot a utilisé le bon argument pour l’essai refusé à Colomiers dans la confusion sur l’engagement (trop) vite joué par leur demi de mêlée, Jules Danglot : l’article 12 des Lois du jeu, alinéa 5b, impose que « tous les joueurs de l’équipe adverse doivent être au-delà de la ligne des dix mètres » sur le coup d’envoi, ce qui n’était pas le cas. Merci la vidéo. Et merci les Damiers !
P. Laf.
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MARCO-PENA ET MOURA CENTENAIRES
Dorian Marco-Pena (au tambour) – qui a inscrit son 15e essai de la saison - et Joris Moura (à gauche sur la capture d’écran) ont joyeusement fêté, avec cette victoire et les supporters, leur 100e match sous le maillot à damier.
VINCENT CLERC INVITÉ DU CLUB DAMIERS
Le mardi 28 avril à partir de 18h30 à l’Atelier du stade Pompidou, Vincent Clerc sera l’invité du Club Damiers. Cette soirée exceptionnelle sera réservée aux partenaires du VRDR, lequel entend ainsi renforcer son rôle d’acteur économique majeur du territoire. L’ancien international, aujourd’hui consultant rugby sur France Télévisions, évoquera des thématiques communes au sport et au business, telles leadership, gestion de la pression et culture de la performance.
OH LE CHOC !
Colomiers, dès après la raclée infligée à Dax la semaine dernière (66-21), ne s’est pas caché : « On va aller à Valence avec de grosses intentions, a annoncé leur centre Martin Dulon. On va pouvoir se jauger. À nous de régler quelques errements défensifs pour conforter notre deuxième place. » C’est qu’en venant gagner à Pompidou (ce vendredi 21 heures), les Hauts-Garonnais s’assureraient quasiment le bénéfice d’une demi-finale directe. Motivation qui anime le troisième ligne Grégoire Bazin et les siens : « C’est un gros match qui nous attend. Peu importe l’équipe qui va jouer, on sera compétitif. » Ce dont personne ne doute, à commencer par le capitaine columérin, Thomas Larrieu, que l’on connaît bien dans la Drôme, et qui ne cesse d’affirmer, à juste raison : « Nous avons un effectif complet, homogène, qui peut tourner sans aucune incidence négative sur nos performances. » Colomiers va modifier sa feuille de match mais va rester dans les très hauts standards.
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Le VRDR va également présenter un groupe différent de celui qui a conquis une historique victoire à Grenoble (25-19)
mais en grande partie sous la contrainte. Nombre de ceux qui ont été touchés au stade des Alpes sont hélas forfait pour ce choc de haut de tableau. Mattéo Rodor, Adrien Roux, Florian Goumat, Adrien Martin, Thembelani Bholi doivent ainsi passer leur tour, le cas le plus sérieux étant celui de Izzy Moore-Aiono qui souffre d’une fracture d’une côte et ne rejouera peut-être pas d’ici la fin de saison…
Heureusement, quelques retours tombent à point nommé, comme ceux de Joris Moura et Owen Lane (photo), qui n’ont pas joué depuis janvier. Choix plus audacieux avec la présence du talonneur Sacha Idoumi sur le banc… en tant que 3e ligne ! Il a très bien dépanné à ce poste jeudi dernier et viendra donc pallier la cascade d’indisponibilités dans ce secteur. Ce qui n’inquiète pas outre mesure Fabien Fortassin qui constate que « souvent, quand on est obligés de bricoler, ça se passe plutôt bien… ».
Espérons le pour des Damiers qui poursuivent l’objectif devenu raisonnable d’une qualification, assorti désormais de l’ambition d’accrocher une des quatre premières places. Ce nouveau sommet, qui en précède d’autres, sera déterminant dans cette perspective. Bonne nouvelle : le temps est annoncé idéal pour jouer au rugby et offrir spectacle et émotions à un public qui devrait remplir Pompidou jusqu’à la gueule…
Place au jeu !
P. Laf.
LA COMPO : Aléo, Marco-Pena, Milasinovich – McCauley, Fabrègue – Suaud, Vachon, Spanderashvili – Lhusero (m), Méret (o) – Rozière, Marrou (cap.), Idrissi, Marsan – Moura.
REMPL. : Chouteau, Quattrin, Vial, Huguen, Idoumi, Dumas, Mignot, Lane.
POUR UN PRINTEMPS DE FEU
Quoi qu’il advienne désormais, le VRDR aura effectué un parcours d’une qualité extraordinaire pour son troisième exercice consécutif en Pro D2. En s’imposant 25-19 à Grenoble, où il avait jusqu’alors toujours trébuché, en signant ainsi sa cinquième victoire à l’extérieur, en affichant déjà 71 points à son compteur, en repoussant le premier non qualifiable, Agen, à 15 longueurs – avec l’avantage des points-terrain -, le jeune club drômois bat ses records, trace sa route et épate le milieu du rugby en écrivant son histoire. Mieux : il suscite désormais un engouement palpable, qui se traduit par le soutien d’un groupe d’indéfectibles supporters, le 16e Damier, qui le pousse et le transcende, avec lequel il communie et qui mettra encore une ambiance débridée pour la venue de Colomiers à Pompidou (vendredi 10 avril à 21 heures).
Quoi qu’il advienne désormais, le VRDR aura régalé son public, spectateurs et téléspectateurs, et entame un printemps palpitant avec des affiches à fort enjeu et plus qu’excitantes à domicile. À bousculer les Grands et à jouer ce final dans leur cour, les Damiers créent aujourd’hui une passion qui s’accompagne des exigences dues à ce nouveau rang. Si la qualification semble désormais en très bonne voie, la possibilité d’organiser un barrage à domicile devient un objectif crédible. S’offrir cette grande fête à laquelle personne n’aurait songé l’été dernier serait une récompense et un bonheur inestimables. Et, au-delà de l’émotion que cela pourrait créer, l’événement ancrerait définitivement Valence-Romans parmi les acteurs qui comptent dans le rugby professionnel.
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Mais, à cinq journées de la fin, la tâche est loin d’être simple. Revenus fourbus et pour certains éclopés de leur exploit au stade des Alpes, les joueurs ont tous constaté que leur position n’en sort pas pour autant renforcée. Paradoxalement, en remontant sur le podium aux dépens d’un Provence Rugby à l’arrêt (5 défaites consécutives !), les hommes de Fortassin perdent un peu de terrain, dans le même temps, sur Brive et Oyonnax qui ont empilé les essais et empoché des bonus. L’écart se resserre donc derrière l’intouchable Vannes et l’impressionnant Colomiers promis aux deux premières places. Il va donc falloir cravacher encore et encore pour se donner les moyens d’accrocher le Graal face à des concurrents aux énormes moyens et ambitions.
Mais cette tâche ne paraît pas insurmontable à ces guerriers qui savent pertinemment qu’avec l’accueil des gros bras (Colomiers, Brive et Provence dans cet ordre), ils ont leur destin entre les mains. Avec ce pack conquérant, cette envie de créer du mouvement, les conditions printanières – et l’excellente pelouse valentinoise – plus favorables à leurs intentions et les retours précieux des guéris qui vont permettre une salutaire rotation, tous les espoirs sont permis.
Grâce soit rendue aux dirigeants qui ont maintenu une confiance indéfectible en leur manager même quand le vaisseau tanguait, au staff qui accomplit un travail remarquable avec des moyens relativement limités, aux joueurs qui impressionnent par leur vaillance et leur solidarité, et à tous ceux qui créent animation et encouragements fervents autour d’eux. Ils nous permettent de vivre et savourer un grand millésime dont les dernières gorgées promettent d’être encore plus goûteuses. On a hâte d’y être !
P. Laf.
QUEL COEUR!
Il fallait tout! Et ils ont tout mis! Ils y ont laissé leurs forces et pas mal de plumes mais ils ont tenu le choc face à des Grenoblois un moment déchaînés en seconde période. Les mots de Fabien Fortassin et de Lucas Méret, après cette victoire historique au stade des Alpes (25-19), allaient tous dans le même sens: "combat", "solidarité", "abnégation", "défense", "force mentale" ne cessaient de revenir dans leur bouche. Du vestiaire montaient encore les cris de joie et les chants de bonheur malgré la fatigue généralisée. Les Damiers ont sorti un énorme match, plein de courage et mâtiné d'intelligence, assortis du "pragmatisme" et de "l'efficacité" soulignés par l'entraîneur d'en face, Jeff Dubois, pour remonter - provisoirement peut-être, mais ils y sont! - sur le podium de la Pro D2. Et même si la réussite et la vidéo ont été de leur côté, ce qu'ils reconnaissaient bien volontiers, "ils n'ont pas volé leur victoire" (Dubois) et se sont comportés en grande équipe, soudée, acharnée, joueuse.
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Fabien Fortassin, qui n'a pas oublié de remercier le 16e Damier et l'ensemble des supporters pour leur soutien "bienveillant, bienvenu et sans faille" qui a créé l'ambiance d'un "petit Pompidou", est heureux de constater que ses hommes maîtrisent désormais les "money times", quand il a fallu attendre la sirène en préservant ce mince avantage à coups de "picks and go" sans faire de faute. Ou quand les Isérois, en bout de première période, se sont résignés à accepter de rentrer au vestiaire avec un débours de 10 points, alors qu'ils avaient un dernier ballon à jouer, finissant par renoncer devant la barrière infranchissable dressée par les Drômois: "Voir qu'on les avait marqués à ce point, ça nous a donné un shoot de confiance", admettait le coach en chef.
Jouant et arbitré comme une formation qui en impose, le VRDR ne peut plus maintenant laisser échapper la qualification. Ses performances lui ont retiré le droit à rater cette marche qui sera la récompense d'une saison exceptionnelle en tous points. C'est même la course à la 4e voire 3e place qui s'ouvre après ce 5e succès à l'extérieur de la saison. Une perspective qui va faire trembler trois fois Pompidou ce printemps, face à Colomiers (vendredi 10 avril à 21 heures), Brive puis Provence. En espérant offrir au vieux stade qui entreprend sa mue une quatrième et magnifique occasion de vibrer fin mai...
On ne saurait tirer le rideau sur cette soirée inoubliable sans se réjouir de l'émergence de Paul Marsan, auteur de son premier essai en professionnel, et du retour conquérant du vieux lion Kevin Goze. L'euphorie porte jeunes et anciens dans un même élan. Et, à part peut-être pour Izzy Moore-Aiono, qui est sorti avec tous les symptômes d'une fracture aux côtes, le jour supplémentaire de repos devrait aider à remettre sur pieds ceux qui sont sortis amochés de ce combat. C'est qu'aucun Damier n'a envie de rater cette fin d'exercice si prometteuse et excitante!
P. Laf.
"BATAILLE MENTALE"
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"BATAILLE MENTALE"
Il y a deux grandes nouvelles à la veille de ce FCG-VRDR.
La première, c'est le retour de Kevin Goze (photo), enfant du cru et combattant parmi les combattants. Au point qu'à force de courage, il s'est rétabli de sa grave blessure au genou plus tôt que prévu. De quoi épater son coach, Fabien Fortassin: "On le pensait parti pour une saison blanche mais il a tellement bien bossé, il avait tellement envie de rejouer ce printemps, que le voilà de retour! Et on a pensé que c'était le bon moment de le remettre en jeu, face à son ancien club..." Et de quoi fermer le bec de ceux qui voulaient envoyer Kevin, 33 ans, à la retraite!
La seconde, c'est que les Damiers n'ont pas le statut de victimes désignées pour ce court déplacement au stade des Alpes (ce jeudi, 21 heures). Florian Goumat, autre grand ancien du cru, autre ex-Grenoblois: "On n'a jamais réussi à gagner là-bas, on y même souvent pris 40 points. Aujourd'hui, on a un peu inversé les rôles... À voir!"
Oui, à voir! Selon Fabien Fortassin, ce sera effectivement à voir, "entre deux équipes joueuses, il devrait y avoir des points!" Et à voir s'il sera possible de s'imposer dans "l'odeur d'un derby, face à une équipe aux énormes qualités, qui n'est pas encore sauvée - neuf points d'avance seulement sur le barragiste - et qui voudra effacer la claque reçue à Dax".
L'infirmerie se vide petit à petit et, avec Goze, c'est Xavier Mignot qui fera son retour également dans le groupe. Avec cette précision: "Owen Lane et Joris Moura sont aussi aptes à postuler, leur retour est pour bientôt", se réjouit Fortassin, heureux de retrouver "une ligne de trois-quarts qui se densifie et où, comme pour la 3e ligne, l'émulation va de nouveau jouer à fond".
Les 23 du VRDR comptent donc sur leur dynamique retrouvée
pour remporter "une bataille qui va se jouer au mental" selon leur manager. Et sur l'appui de centaines de supporters regroupés autour des calicots et tambours du 16e Damier.
P. Laf.
LA COMPO : Chouteau, Marco-Pena, Vial - McCauley, Goumat - Roux, Moore-Aiono, Spanderashvili - Rodor (m), Méret (o) - Rozière, Marrou (cap.), Idrissi, Marsan - Martin.
REMPL.: Chanet, Idoumi, Goze, Fabrègue, Bholi, Suaud, Lhusero, Mignot.
LE FRISSON DU DERBY
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Le stade des Alpes est une belle enceinte, en pleine ville mais plutôt froide, surtout en cette saison que les Grenoblois traversent dans l’anonymat, loin de leurs ambitions de retour en Top 14. Neuvièmes à 13 points du premier qualifiable, ils connaissent l’instabilité d’un club qui cherche sa voie après trois finales consécutives de Pro D2 perdues, avec changement de staff en cours d’exercice et projection sur un avenir encore flou.
Le FCG revient d’une très lourde défaite à Dax (50-26), « une prestation honteuse » selon son capitaine, Antonin Berruyer, et cherche une nouvelle motivation dans les derbies pour finir sur de meilleures notes. Pour preuve, cette offre à – 20% sur le prix des places pour la double réception du VRDR (ce jeudi 2 avril à 21 heures) et d’Oyonnax (le 17 avril), deux dates cochées par le club.
Malgré cette promo, le stade des Alpes sera sans doute loin de faire le plein et il appartiendra aux 350 supporters drômois attendus, emmenés par le 16e Damier et ses deux bus pleins en dépit d’une date peu favorable, de créer une ambiance chaleureuse et porteuse.
Après leur performance de grande qualité, concrétisée par une seconde mi-temps de feu et un succès bonifié face à Oyonnax (40-21), les Damiers se sont parfaitement remis sur les rails de la qualification et devraient encore trouver, sur la pelouse hybride grenobloise, un terrain d’expression propices à leurs qualités offensives servies par un pack conquérant.
Reste que pour les joueurs de l’Isère, vexés par la perte de leur leadership régional et revanchards après un match aller, en décembre à Pompidou, soldé par un méchant revers (33-15), il s’agit d’un match charnière entre salutaire sursaut ou profond déclassement.
Quant au VRDR, il aura pour objectif de s’imposer pour la première fois à Grenoble…
P. Laf.
VRDR-BRIVE LE JEUDI 23 AVRIL
Canal + apprécie de plus en plus le VRDR, qui lui offre des affiches alléchantes pour séduire ses abonnés. C’est ainsi que le choc face à Brive à Pompidou a été avancé au jeudi 23 avril (21 heures) aux fins de diffusion sur Canal + Sport.
LES ESPOIRS CONFIRMENT
Après avoir écrasé ceux de Béziers la semaine précédente (39-5), les Espoirs du VRDR ont battu ceux d’Agen samedi dernier à Guillermoz (22-17) – sous les yeux de plusieurs joueurs de l’équipe professionnelle - et s’installent en tête de leur poule de maintien parmi l’Élite. Leur prochain rendez-vous est un déplacement à Rouen ce samedi 4 avril. Rappelons que seul est relégué le dernier de cette poule de quatre.
Y’A D’LA JOIE !
Le vent a tourné. Oubliée, la période plutôt tristounette depuis la reprise de janvier. Effacée, cette première mi-temps vent dans le nez au score nettement défavorable (7-21). Retrouvé, le VRDR qui nous a emballé en 2025, conquérant, et capable d’infliger une lourde défaite (40-21), au bout d’un scénario renversant et en l’assortissant d’un bonus, à Oyonnax, un concurrent direct arrivé à Pompidou avec ses meilleurs atouts et de grosses intentions. Yohann Authier, le coach qui a conduit les Damiers au titre de Nationale et à la Pro D2 en 2023, retourné depuis sous pavillon aindinois, ne pouvait que constater les dégâts : « La différence ce soir s’est faite sur l’engagement. »
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Fabien Fortassin était rasséréné et conforté dans ses convictions en ce vendredi 27 mars : « On n’avait pas insisté là-dessus avant le match mais cette victoire est capitale. Être capables de passer un 33-0 en 40 minutes à une top équipe du championnat, ça peut marquer un virage pour cette fin de saison. C’est par le jeu, le volume et le rythme qu’on est performant. On est bons quand on attaque et le rugby d’aujourd’hui fait que l’arbitrage donne une prime aux attaquants. »
Le coach en chef insista pour mettre en exergue l’influence de son adjoint, Romain Terrain, dont le coup de gueule a remobilisé les siens à la pause. Romain Terrain, particulièrement en charge des avants, lesquels ont encore fait un gros boulot en conquête. Le formidable pilier de devoir qu’est Vincent Vial s’en réjouissait : « Notre énergie en seconde mi-temps, c’est énorme ! Ce groupe soudé et fort, c’est top ! Quand on met la main sur le ballon et qu’on envoie du jeu, y a pas photo ! » Avec ce constat qui marque le début d’une nouvelle quête : « Ce succès, ça va bien mobiliser les gars en vue du derby de la semaine prochaine ! » Oui, le prochain rendez-vous est fixé à jeudi 21 heures à Grenoble. « On est dans nos petits play-offs à nous, on veut tracer notre route et finalement on s’en fout des résultats des autres. »
On va quand même lui signaler, à Vincent, que les Damiers reprennent la quatrième place et possèdent désormais 10 points (11 en fait, avec l’avantage des points-terrain) sur Agen, le premier non qualifiable. Et même noter que le 3e, Provence Rugby, qui pique du nez depuis quelques semaines, n’a plus que quatre points d’avance.
C’est que le VRDR, après cette démonstration, regarde désormais résolument devant.
P. Laf.
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LE TOP 100 POUR MÉRET
Les présidents Laurent Beaugiraud et Jean-Pierre Cheval ont tenu à marquer le coup de cadeaux symboliques : Lucas Méret a disputé contre Oyonnax son 100e match avec les Damiers. Et creusé de nouveau l’avantage sur Justin Bouraux, le demi d’ouverture d’en face, en tête du classement des réalisateurs : 261 points contre 230.
« TOUS LES COUPS SONT PERMIS »
Ce vendredi, les travées de Pompidou résonnaient des bruits insistants publiés par Midi Olympique le matin même : l’arrivée de Fabien Fortassin dans l’encadrement du CA Brive y était jugée « probable ». Un communiqué signé des coprésidents du VRDR la démentait alors, précisant que « aucune discussion en vue d’une éventuelle libération de Fabien Fortassin n’est à l’œuvre, ni avec le club briviste ni avec qui que ce soit » et rappelant que le manager général des Damiers est sous contrat jusqu’à fin juin 2027. Cela valait bien une question au premier concerné, lequel a répondu ceci après le succès face à Oyonnax : « On a le droit de s’intéresser à moi sans qu’il y ait quoi que ce soit. Tant mieux, on en a parlé déjà à l’émission de radio cette semaine (« 100% VRDR » sur Ici Drôme-Ardèche). On travaille bien, on fait du bon boulot, nos joueurs intéressent des bons clubs, notre staff intéresse des bons clubs. J’ai trouvé dommageable que ça sorte ce matin, forcément ça pollue un peu l’environnement mais bon, c’est le jeu. On entre dans le sprint final, j’ai l’impression que tous les coups sont permis, on essaie de se déstabiliser. Je suis vraiment content qu’on ait eu cette réaction. » Dont acte.
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