VINGT MINUTES EN ENFER
/image%2F6965152%2F20261016%2Fob_717b93_essai-meret.jpg)
- Toi, ça va ?
- Maktava !
Luka Maktava, 26 points ce vendredi soir, meilleur buteur mais surtout super dynamiteur de l’actuelle Pro D2, a encore frappé. Et envoyé Oyonnax vers un bonus inespéré à cinq minutes de la sirène.
Pas de chance pour le VRDR, l’ouvreur géorgien, bien identifié par les coaches comme un garçon « qui a des pétards dans les jambes », va bientôt rejoindre sa sélection pour la période internationale. Mais il était bien à Charles Mathon pour démolir en quelques coups de rein l’espoir de bonus drômois voire même de victoire. Parce que malgré le score (51-25) qui ressemble à tous les scores d’Oyo en leur fabuleux début de saison et à toutes les déconvenues que les Damiers ont vécu dans cet antre maudit, cela s’est joué en cinq minutes.
Les cinq dernières minutes qui ont levé les incertitudes et le suspense, comme dans la série éponyme qui mettait en scène le commissaire Bourrel. Les cinq dernières minutes qui ont été un calvaire ponctué de trois essais encaissés pour les visiteurs.
Cinq minutes ? Mais pas que… Les quinze premières aussi, où les Aindinois, hyper rapides et surpuissants, déjà sous la baguette magique de leur ouvreur, avaient franchi trois fois et menaient déjà 21-0. Les Damiers semblaient groggy, un peu comme Béziers qui avait subi pareille catastrophique entame à Pompidou la semaine précédente, et qui ne s’en était jamais relevé. Alors que Marrou et les siens allaient réagir fort, montrer leur caractère, devenir audacieux et conquérants. Pour d’abord faire douter les leaders, avant de prendre les choses en main, les pousser souvent à la faute et de les dominer dans quasiment tous les compartiments du jeu, à commencer par la mêlée fermée, qui est vraiment dominante à chaque sortie. C’était beau à voir.
Mais quand tu encaisses 21 points dans les quinze premières minutes et encore 21 dans les cinq dernières, tu n’as aucune chance de rapporter quelque chose... Même si tu as gagné 25-9 pendant les 60 minutes du cœur du match, tu repars bredouille.
Benjamin Thiéry faisait mine d’en plaisanter au micro de Canal + : « On a l’habitude de jouer à 19h30, alors nous n’étions pas prêts à 19 heures… » Mais le coach des lignes arrière devait fulminer intérieurement.
Le VRDR rentre donc à vide de ce voyage de tous les dangers. Mais il a montré un visage engageant, prouvé qu’il peut rivaliser et qu’il a finalement peu de lacunes si ce n’est cette difficulté à concrétiser parfois. Parce que cet épilogue à Oyonnax, très douloureux, était finalement prévisible après que l’espoir de rapporter un point s’était envolé. Avec des finisseurs entrés – notamment à cause des blessures de Suaud et Guillomot - dès le début de la seconde période, trop d’éléments qui rentraient de convalescence ou manquaient de rythme, l’issue fut logiquement fatale. Rien de bien grave puisque le pain noir (déplacements à Brive, Grenoble et Oyonnax, réception de Provence) proposé par les cadors est – provisoirement – derrière soi. Si les Damiers conservent la même envie, le même état d’esprit, leurs faiblesses ne devraient pas constituer un handicap trop lourd lors des prochains rendez-vous.
Il faudra juste se remettre la tête à l’endroit pour confirmer cette heure de grande qualité face à Colomiers vendredi prochain.
- Alors, ça va ?
- T’inquiète, ça va aller…
P. Laf.
RÉACTIONS
ROMAIN TERRAIN (manager sportif du VRDR), au micro de l’Impartial, Ici Drôme Ardèche et le Dauphiné Libéré : « L’entame a été cataclysmique, on était amorphes, on manquait d’énergie, aucun contact gagnant. On avait prévu un autre scénario. Heureusement, les gars ont eu une belle réaction, ont fini par bien jouer ensemble, mettre en place ce qu’on travaille toute la semaine. Mais il faut essayer de comprendre pourquoi ça ne fonctionne pas dès le départ et pourquoi sur la fin tu relâches. » Romain Terrain a par ailleurs indiqué que Louis Suaud est blessé à la cheville et Mathieu Guillomot aux cervicales.
FABIEN CIBRAY (manager général d’Oyonnax), au micro de Canal + : « On est passé par toutes les émotions ce soir. On avait dit qu’il fallait démarrer très, très fort et que ça paierait notamment en fin de match et je pense qu’on ne s’est pas trompés. Le VRDR a fait une belle partie et a su remonter doucement et nous mettre en difficulté. Un beau match qui va nous permettre de progresser. »
TENIR LE BRAS DE FER
Dès la fin de VRDR-Béziers, vendredi dernier, malgré l’euphorie d’une très large victoire (47-20), Lucas Méret a exhorté ses coéquipiers à « ne pas lâcher à Oyonnax ». Le buteur drômois est instruit par l’expérience, puisque la « défaite moyenne » des Damiers à Oyonnax – où ils n’ont jamais gagné – se chiffre à 49-14… Autant dire que la cité de la plasturgie est une terre jusqu’à présent maudite pour l’ouvreur et les siens. Et que la position des Aindinois, nets leaders invaincus au classement, qui empilent les excellentes performances (trois bonus offensifs et jamais moins de 47 points inscrits en trois matches à domicile), n’incite guère à l’optimisme.
La raclée étant devenue la norme dans le Haut-Bugey, comment y échapper, ce vendredi à 19 heures ?
/image%2F6965152%2F20261015%2Fob_7978e8_ross.jpg)
Déjà, par l’engagement. Et sur cet aspect, on peut faire confiance à Florian Goumat, bien remis de ses soucis aux côtes de début de saison : « À Oyo, on sait où on met les pieds. L'impact physique sera important, devant ils sont costauds, mais nous sommes plutôt bien dans ce secteur, on s'attend vraiment à un beau combat. À nous de tenir jusqu'à la mi-temps, si possible jusqu’à la 60e pour arriver à faire basculer la pièce du bon côté dans le money-time. On a un bon état d’esprit et c’est sur les matches à l’extérieur que ça se démontre. » Et Thomas Zénon, recruté pour sa polyvalence et titulaire à l’aile ce vendredi, y part « sans pression » : « On n’a rien à perdre, pas d’attente particulière si ce n’est essayer de mettre un grain de sable dans leurs rouages, avoir un esprit guerrier et on fera les comptes à la fin. »
Pour que ces comptes ne tombent pas dans le négatif, Romain Terrain, le coach en chef, bien que conscient de la valeur de l’opposition, espère un scénario qui se déroulera selon les souhaits du staff : « Tenir le bras de fer, c’est notre leitmotiv pour chaque déplacement. Oyo est une équipe qui met beaucoup de pression, qui occupe le terrain, celle qui rentre le plus souvent dans les 22 m adverses. À nous de sortir proprement les ballons, d’être efficaces dans nos duels aériens et terrestres, appliqués en défense et dans la discipline. Il faudra être prêts dès l’entame et construire notre match. » Le choix d’un banc en 5-3 a priori audacieux ? « Si on a rivalisé dans le combat et dans l’énergie, on aura peut-être l’occasion de mettre en place notre stratégie, ajouter un peu de vitesse en seconde mi-temps. On connaît leur jeu, ils se sont renforcés aussi avec ce 10 (Luka Maktava) et ce 12 (Fraçois Joly) qui ont des pétards dans les jambes et qui sont en pleine confiance, je veux juste voir ce dont on est capables face à eux. » En insistant sur un point particulier : « Leur point fort aujourd'hui c'est leur défense, elle leur permet de récupérer beaucoup de turnovers. On va essayer de ne pas leur offrir ces ballons. »
Reste à surmonter le déficit provoqué par plusieurs blessures (lire ci-dessous) : « Avec les absences de Vial, Milasinovich, Fabrègue et Tauleigne, le flanc droit du pack est un peu démuni, constate Terrain. Mais des garçons comme Ross, qui a fait de bonnes entrées, et Goumat, qui se remet en piste, la rotation ne m’inquiète guère. » La première ligne sera cependant inédite et ses trois suppléants encore jeunes.
Franchement, ceux qui misent une pièce sur le VRDR prennent des risques mais pourraient se remplir les poches… Souhaitons que quelques audacieux fervents supporters des Damiers s’enrichissent !
P. Laf.
LA COMPO : Trauth, Hamel, Ross – McCauley, Goumat – Suaud, Spanderashvili, Descube – Lhusero (m), Méret (o) – Marsan, Marrou (cap), Guillomot, Zénon – Rozière.
Rempl. : Idoumi, Chouteau, Tutisani, Bholi, Moore-Aiono, Dumas, Waqaninavatu, Idrissi.
AÏE TAULEIGNE !
La liste des blessés s’est allongée au VRDR. Vincent Vial va prendre le temps de soigner ses cervicales qui grincent sérieusement. Hugo Fabrègue doit guérir une lésion au mollet et Mattéo Rodor attendre que la réparation de sa dent cassée soit achevée. Cela paraît plus embêtant pour Marco Tauleigne : le troisième ligne international souffre d’une lésion au mollet qui s’est aggravée en fin de match contre Béziers. Le nouveau règlement sur les remplacements l’aurait obligé à laisser ses copains à 14, « ce que nous lui avons proposé mais qu’il a refusé en raison de son excellent état d’esprit », explique Romain Terrain. La date de sa reprise est encore incertaine mais n’interviendra sans doute pas avant plusieurs semaines.
UN BORD DE TERRAIN ?
Pour la rencontre face à Colomiers, le 23 octobre (19h30) à Pompidou, le VRDR inaugure une nouvelle possibilité de suivre le match, en « bord de terrain », avec accueil dédié et restauration avant match, présence de joueurs, place réservée en tribune Cester pour suivre la rencontre, avec retour près de la pelouse à la mi-temps pour y boire un verre et prendre son dessert. Tous renseignements sur l’appli VRDR ou sur VRDR.fr
LES 3 ANS DU 16e DAMIER
Le club de supporters du 16e Damier, qui met l’ambiance à Pompidou, souvent accompagné de la Bamba Étoilienne, fêtera, à l’occasion de la réception de Nevers (vendredi 6 novembre à 19h30), ses trois ans d’existence. Des animations spécifiques auront lieu, ce soir-là, dans le virage sud. Par ailleurs, il reste quelques places pour le déplacement à Oyonnax ce vendredi 16 octobre. Inscriptions au 06 44 19 80 67.
ÇA VA MIEUX !
/image%2F6965152%2F20261012%2Fob_cac134_essai-vachon-beziers.jpg)
Même s’il faut relativiser à l’aune d’une opposition biterroise pas très consistante, notamment en début de match, la victoire bonifiée de vendredi dernier a fait un bien fou !
D’abord parce que les objectifs initialement fixés ont été atteints. Taper fort d’entrée, avec quatre essais magnifiques en moins de vingt-cinq minutes. Varier le jeu, traduit par des essais venus de toutes les lignes et sous diverses formes. Mieux coordonner avants-arrières, par de l’alternance dans les choix, beaucoup de mouvement et une charnière performante où Lucas Méret est manifestement monté en rythme, redevenu le métronome au pied et dans la conduite des opérations. Tout cela sans rien perdre de cette puissance devant, cette domination en mêlée fermée et cette régularité en touche.
Tous les défauts ne sont pas gommés, loin de là, mais la manière dont staff et joueurs ont débriefé ce large succès (47-20) est très rassurante : les lacunes sont identifiées et seront encore et encore travaillées, la marge de progression est importante.
Le VRDR remonte ainsi au tableau (9e et même 8e, avec +1, au classement britannique, plus juste reflet de la réalité) et retrouve de l’allant et la confiance qui va avec.
Parmi les éléments positifs et prometteurs, le fait que les Damiers sont la seule équipe à totaliser 5 bonus (2 offensifs et 3 défensifs), preuve qu’ils savent mettre le turbo quand ils gagnent et ne sont jamais loin quand ils perdent. Et ils auront rencontré, après la 7e journée, vendredi prochain, les 4 premiers de la Pro D2, des grosses cylindrées que, malgré les lacunes déplorées, ils ont toujours su inquiéter.
C’est en cela que le test à Oyonnax, ce leader qui marche sur l’eau en ce début d’exercice, sera probant. En ouverture de la prochaine journée (vendredi à 19 heures), sur Canal + Sport et un terrain qui s’est souvent révélé hostile, les Drômois auront à cœur de faire front et « ne pas lâcher », comme les y a déjà exhortés Lucas Méret. Ce n’est pas tant le score qui sera scruté que la volonté et la capacité de s’accrocher, de rester le plus longtemps possible dans ce fameux « touche-touche » qui permet de s’autoriser un exploit. Sans aucune pression mais avec le profond désir de ne pas mettre un coup de canif à cette montée en charge.
Sachant qu’ensuite, hasard du calendrier, se présenteront successivement à Pompidou les actuels avant-dernier (Colomiers, le 23 octobre) et dernier (Nevers, le 6 novembre), des équipes qui, actuellement, doutent. On aura alors bouclé la 10e journée, ce tiers de la compétition après lequel, il y a unanimité sur ce point, on saura si le VRDR peut résolument et définitivement regarder vers le haut.
P. Laf.
À OYONNAX AVEC LE 16e DAMIER
Le 16e Damier affrète un bus pour le déplacement à Oyonnax, ce vendredi 16 octobre. Tous les supporters peuvent encore s’inscrire sur Hello Asso, les réseaux sociaux ou au 06 44 19 80 67.
RASSURÉS, LIBÉRÉS !
/image%2F6965152%2F20261010%2Fob_4b2378_essai-marrou.jpg)
On les savait capables d’enfin concrétiser et réussir. Et ils l'ont fait, vite et bien. Après trois défaites évitables et frustrantes, les Damiers avaient rempli leur mission rattrapage au bout de 25 minutes de jeu et quatre essais emballants. À 26-0, alors que Béziers n’avait encore rien montré, la cause était entendue. Et s’il y eut ensuite des moments de relâchement, parfois un peu trop de confiance frisant la suffisance, il aura suffi que Romain Terrain recadre ses garçons à la pause pour éteindre tout espoir chez les Biterrois et assurer un bonus offensif qu’il aurait été ballot voire inconvenant de laisser échapper.
Pourtant malgré sept essais et une domination encore très large (traduite par un 47-20), personne n’était comblé côté VRDR… C’est dire si la marge de progression y est prometteuse.
Scott Newlands, l’entraîneur des avants : « En termes comptables, c’est ce qu’on cherchait mais il y a encore des choses à corriger. L’intensité y était mais il y a toujours des erreurs dans la finition et c’est ce qu’on doit s’attacher à travailler sur la suite de ce bloc. Il faut qu'on arrive à garder un peu de profondeur, prendre le ballon en pleine vitesse et ne plus tomber dans une forme de précipitation. Et puis il y a ces pertes de concentration défensivement, on ne doit jamais concéder trois essais sur ce match. Et un manque de soutien sur les rucks. Il faut améliorer ça si on veut mettre à mal les gros du championnat. Mais ce résultat, c’est bon pour la confiance. »
Paul Marsan, l’un des détonateurs de lignes arrière qui semblent petit à petit trouver les bonnes coordination et carburation : « On avait à cœur de bien commencer ce bloc, remettre notre jeu en place. On démarre à fond mais les vingt dernières minutes de la première mi-temps sont devenues compliquées, on a eu du mal à développer notre jeu, on a fait tomber pas mal de ballons, pas mal de fautes. C'est toujours difficile de garder l'intensité sur les 80 minutes. Notre but, c’était de donner beaucoup de mouvement au ballon parce que leurs gros porteurs, après cinq ou six temps de jeu, ont du mal à se déplacer. »
Lucas Méret, auteur d’un match engagé et qui a retrouvé sa botte magique : « On a débuté le match en respectant exactement ce qu’on voulait faire. Puis on est tombé dans un faux rythme avant de revenir, après la mi-temps, avec de meilleures intentions. Et la fin de match n’a pas non plus été flamboyante… On manque encore de constance. » Inévitablement, on lui a demandé de se projeter sur Oyonnax, délicat déplacement, vendredi prochain, chez un leader invaincu qui marche sur l’eau : « On veut être une équipe pénible, une équipe qui ne lâche rien, avec un état d'esprit jusqu'à présent irréprochable. Si on lâche à Oyo, ce serait manquer à ce qu'on a décidé de mettre en place, on ira donc avec de l'ambition et un état d'esprit. Avec des victoires comme ce soir, c'est plus facile, il faut surtout ne pas s’en contenter, que ce soit le début de quelque chose. » Déjà, cette performance permet au VRDR de se replacer dans la course vers le haut de tableau.
Tout est dit ou presque. On ajoutera à ce constat d’un mieux qui n’est pas encore un must, le doublé de Dorian Marco-Pena mais aussi et surtout celui de Louis Marrou, auteur d’un match plein d’allant comme ses copains des lignes arrière, avec mention au toujours impeccable Thomas Rozière. Quelques pépins cependant : une dent cassée pour Mattéo Rodor, Vincent Vial touché aux cervicales et Marco Tauleigne, qui semble avoir rechuté sur son mollet blessé à Grenoble… Et le plaisir de voir 5 300 spectateurs à Pompidou, une jauge nettement à la hausse par rapport à la réception de Provence. 5 300 heureux témoins de ces retrouvailles avec les soirées pétillantes.
P. Laf.
REPOUSSER LE DOUTE
Huit points après deux matches sur cinq à la maison : les temps de passage restent finalement corrects. « Nous sommes à zéro au classement britannique », rappelle opportunément Lucas Méret. Mais la frustration, l’insatisfaction, le sentiment du travail mal fait et même d’un petit gâchis habitent tous les Damiers. La preuve que le club a franchi un palier dans l’ambition. Et c’est plutôt bon signe.
Alors ce vendredi 9 octobre (19h30 à Pompidou) contre Béziers, à l’heure de démarrer le deuxième bloc, le message est univoque : « Victoire impérative ! » Tout autre résultat instillerait le doute, qu’on ne sent pas encore poindre eu égard aux productions d’ensemble de l’équipe, jamais hors du coup. Mais qui n’a pas su capitaliser sur la puissance de son pack et ses temps de possession. Deux semaines de coupure pour analyser puis trouver les solutions d’une meilleure efficacité. Ce devrait être suffisant pour renvoyer les Biterrois, qui ont jusqu’à présent énormément souffert en déplacement, à leurs affres.
/image%2F6965152%2F20261008%2Fob_e69856_dupont-joris.jpg)
Sinon… « Si les victoires ne suivent pas, les joueurs vont vite se poser des questions, souligne Scott Newlands, l’entraîneur des avants. On ne peut pas trop tarder maintenant, on veut compenser quelques points laissés en route… » Matthieu Vachon est à l’unisson : « Il faut marquer des points, quel que soit le contenu. Les premiers matches de bloc sont ciblés par toutes les équipes et Béziers va venir avec des intentions. Il y a donc de la pression, d’autant que c’est un enchaînement de matches capital pour la suite : après la 10e journée, au tiers de la saison, on saura de quoi la fin de saison sera faite. » Lucas Méret abonde : « Il est temps de rattraper les choses pour jouer la partie haute du classement. »
Les causes du mal et les remèdes ? « On doit être plus précis en zone de marque, éviter de se précipiter, soigner la passe décisive, constate Newlands. C’est ce que nous avons beaucoup travaillé. » Matthieu Vachon souscrit : « Dans cette Pro D2, c’est souvent l’attaque qui est récompensée. Or nous n’avons pas assez produit. On glane des points grâce à notre défense mais elle ne fait pas gagner. Il faut être plus calme, garder notre sang froid. On s’est beaucoup appuyés sur les ballons portés et on en est devenus un peu dépendants. L’objectif est de trouver de la continuité, basculer sur les trois-quarts pour finir les coups. » « L’idée, c’est de varier nos formes de jeu », enchérit Newlands.
Lucas Méret a trouvé la formule : « On est dans le projet mais on a du mal à concrétiser nos bonnes choses et on paye beaucoup trop cher nos mauvaises. » Avec cet axe d’amélioration : « Un peu plus de rigueur sur nos placements, sur nos derniers gestes, sur notre coordination. Ce qu’il nous manque, c’est de la constance sur 80 minutes. »
Et des succès. À commencer par ce vendredi soir, 19h30 à Pompidou.
P. Laf.
LA COMPO
Aléo, Marco-Pena, Vial – McCauley, Fabrègue – Suaud, Vachon, Spanderashvili – Rodor (m), Méret (o) – Waqaninavatu, Marrou (cap.), Dupont, Marsan – Rozière.
REMPL. : Idoumi, Trauth, Ross, Goumat, Descube, Tauleigne, Lhusero, Zénon.
RANDLE TOUCHÉ
À la liste des blessés de courte et moyenne durée (Adrien Roux, Loan Real, Axel Bruchet, Jean Ballin, Joris Moura) est venu s’ajouter Calum Randle, touché au mollet. Mais l’ailier franco-britannique devrait très vite redevenir opérationnel.
MÉRET « MANQUE DE RYTHME »
Un peu moins efficace en ce début de saison, Lucas Méret ne cache pas qu’il « manque de rythme » : « J’ai été perturbé par mes soucis au genou durant la préparation estivale et les circonstances ont fait que je n’ai pas pu assez enchaîner lors de ce premier bloc. J’espère pouvoir vite retrouver mon meilleur niveau. » À sa décharge, il a été victime de plusieurs plaquages très rudes, à la limite et parfois au-delà des tolérances réglementaires : « Je prends pas mal de « pètes » depuis la fin de saison dernière. C’est de bonne guerre de mettre la pression sur les demis d’ouverture parce que nous sommes un peu dans l’entre-deux, à la fois maîtriser la situation et anticiper. » Le second gond de la charnière, il est vrai, se retrouve souvent « à découvert ». « On essaie de trouver des alternances pour m’exposer un peu moins », explique le meilleur réalisateur des deux exercices précédents. Qui peste contre certaines décisions à caractère médical : « Je comprends que tout le monde se protège mais je suis déçu quand, contre Provence, on me fait sortir au bout de dix minutes et on m’empêche de jouer les soixante-dix restantes alors que je me sens bien et que je fais plutôt un bon protocole. Je suis d’ailleurs autorisé à retrouver le terrain la semaine d'après… Ça m'a pénalisé et ç’a pénalisé l'équipe parce qu'on était en 6-2. C'est lourd de conséquences mais on doit respecter parce qu’il s’agit de la protection des joueurs… » Méret ne serait-il pas « ciblé » ? « Oui sans doute un peu, mais s'ils me ciblent, ça veut dire que, normalement, ils laissent des espaces ailleurs. »
Interrogé par Midi Olympique sur la règle des 45’’ (au lieu d’une minute auparavant) pour buter, le n°10 du VRDR s’est montré très critique : « Déjà, statistiquement, le taux de réussite général est à la baisse. Ensuite, c’est le spectacle qui est pénalisé par cette réduction du temps : là, il y a beaucoup de mouvement autour du buteur, les joueurs sont en train de se replacer, ce n’est pas « propre » autour de lui et la phase de concentration en est gênée. Elle fait pourtant partie de la théâtralité du rugby mais n’est plus respectée et observée. On se souvient d’un Johnny Wilkinson dont on admirait la préparation, qui faisait entièrement partie de sa réussite et du plaisir qu’il procurait aux spectateurs, seul face aux poteaux et 80 000 personnes. On a perdu en beauté et en dramaturgie. Sans compter que ça empêche les équipes de vraiment célébrer un essai et aux supporters de communier pleinement avec eux. Ça perturbe en fait tout le monde, arbitre et juges de ligne inclus, et je crois qu’on en tire plus de négatif que de positif. »
La question fait débat et devrait être remise à l’ordre du jour au printemps prochain.
À OYONNAX AVEC LE 16e DAMIER
Le 16e Damier affrète un bus pour le déplacement à Oyonnax, le vendredi 16 octobre. Tous les supporters peuvent s’inscrire au stand du 16e Damier ce vendredi au stade Pompidou, ou bien sur Hello Asso, les réseaux sociaux ou au 06 44 19 80 67.
LES ESPOIRS FACE À GRENOBLE
C’est l’heure du derby pour les Espoirs Élite qui reçoivent, en championnat de France, le FC Grenoble ce samedi 10 octobre à 15 heures au stade Marcel Guillermoz de Romans.
100% INFOS !
/image%2F6965152%2F20261006%2Fob_7d38a6_billets-beziers.png)
Ce sont déjà « près de 5 000 billets » qui ont été vendus pour le prochain VRDR-Béziers (ce vendredi 9 octobre à 19h30), selon Laurent Beaugiraud qui a lancé un appel à encore grossir les rangs des spectateurs. Le coprésident du club damier était un des invités du « 100% VRDR » animé ce mardi soir par Valéry Lombardo sur les ondes d’Ici Drôme Ardèche, au cours duquel pas mal de sujets ont été évoqués et nombre d’infos sont tombées.
- Pro D2 :
Le constat est unanime : le contenu est bon, c’est le réalisme qui manque. Romain Terrain, à propos d’une question sur le déplacement à Dax, a confirmé qu’il continuera, avec son staff, à effectuer une assez large rotation de l’effectif, afin de garder tout le groupe sous pression et concerné et parce qu’il prévoit que cela sera bénéfique à terme. Avec l’envie de se concentrer sur un « rugby pas trop élargi ». Et ce pronostic : « On va y arriver ! » Estimant, à l’instar des autres participants à l’émission, que le deuxième bloc sera décisif pour savoir quelle moitié de tableau les siens joueront-ils : « À la dixième journée, soit au tiers du championnat, on aura un début de vérité. »
- Les blessés :
L’infirmerie s’est un peu vidée lors de l’actuelle coupure de la compétition. Seuls demeurent sur le flanc Axel Bruchet (qui devrait être l’entraînement ce prochain dimanche), Joris Moura, Adrien Roux et Jean Ballin (reprise espérée avant la fin du bloc à venir), Loan Real (date de retour sans doute plus tardive) et Gareth Milasinovich (pas attendu sur les terrains avant début 2027). Quant au cas d’Anatole Pauvert, qui travaille dur pour revenir, mais dans une totale incertitude, il est l’objet de toutes les attentions et interrogations, la question du recours à un joker médical n’étant pas encore tranchée.
- Le match contre Béziers :
Avec trois réceptions pour deux déplacements, le bloc qui s’ouvre ce vendredi semble moins dur, sur le papier, que le précédent. Mais personne ne veut se projeter au-delà du choc contre Béziers : « Victoire impérative, nous n’avons pas le choix, admet Romain Terrain. Il faut redevenir impitoyables à Pompidou. » « Il faut se retrouver sur 80 minutes », prévient Mattéo Rodor. De son côté, Laurent Beaugiraud garde le cap de « l’objectif maintien » : « De ce point de vue, nous ne sommes pas mal partis », juge-t-il.
- Le recrutement :
Jonathan Wisniewski, le directeur sportif, annonce que le chantier du recrutement a débuté : « Le Top 14 a connu ses grandes manœuvres, elles commencent en octobre-novembre pour la Pro D2 ». Il a listé les garçons qui sont plutôt en fin de carrière (Bholi, Vachon, Goumat, Marrou, Aléo voire Fabrègue) et dont il va falloir connaître les intentions, et indiqué les profils a priori ciblés : « N°5, n°8 pour épauler Marco Tauleigne, les centres… ». Romain Terrain se réjouissant par ailleurs de la « bonne pioche » que fut Hugo Descube l’été dernier…
- Les infrastructures :
Laurent Beaugiraud a fait un point sur les travaux engagés sur trois fronts. À Pompidou, la tribune Élie Cester sera entièrement terminée, dans sa configuration flambant neuve, pour la réception de Colomiers et Octobre Rose (23 octobre). À Porchier, le centre d’entraînement vient d’inaugurer discrètement un nouvel équipement de 450 m2 qui va changer la vie des joueurs avec de nouveaux vestiaires et des espaces de vie et de restauration), pour un coût de 1,4 M € entièrement assumés par le club ; sachant que la Ville de Romans va financer un terrain d’entraînement en synthétique, opérationnel en octobre 2027, pour habituer les Damiers à cette surface qui équipe désormais la majorité des stades de Pro D2. À Briffaut enfin, où la première pierre du Pôle d’excellence devrait être posée par le maire de Valence, Nicolas Daragon, et le mécène de cet équipement, Piéric Brenier, « fin octobre ou début novembre ».
P. Laf.
LES OREILLES QUI SIFFLENT
Le rugby a tendance à ressembler de plus en plus au football. Et on peut parfois le regretter. La dernière évolution en ce sens concerne l’arbitrage. Alors que les polémiques à ce sujet étaient moins fréquentes et moins acerbes en Ovalie – bien que le rôle des officiels y fût plus important -, ce début de saison semble inverser la tendance. Les critiques fusent de toutes parts, en Top 14 comme en Pro D2, et elles sont souvent pertinentes.
/image%2F6965152%2F20261004%2Fob_848d34_meret-descendu.jpg)
Dans ce grand déballage, le VRDR a eu l’impression d’être le dindon de plusieurs farces et Romain Terrain s’en est parfois ému, sans toutefois sortir d’une certaine réserve, instruit par l’expérience de son prédécesseur : pour avoir fulminé contre la façon dont un match à Agen avait été dirigé, en mars 2025, Fabien Fortassin s’était retrouvé devant la commission de discipline.
Mais des voix qui portent se sont fraîchement et fermement exprimées, celles de Pierre Mignoni et Ronan O’Gara notamment, jusqu’au sélectionneur Fabien Galthié, pour déplorer quelques erreurs et, surtout, une difficulté, pour le corps arbitral, à protéger les acteurs. Pour revenir aux Damiers, on se souvient tous de Lucas Méret, illégalement et dangereusement secoué par un joueur de Provence, lequel avait simplement écopé d’une mise à l’écart de dix minutes, alors que celle du buteur drômois devint définitive pour cette rencontre.
Beaucoup se plaignent du nombre de blessés à la hausse lors de ces premiers blocs, une impression difficile à confirmer d’une statistique crédible, mais il est vrai que le rugby pro mise de plus en plus sur la puissance et les collisions au détriment de l’évitement et des cadrages débordements. Ce qui impose(rait) une vigilance accrue, pour accompagner et faire strictement appliquer les évolutions du règlement en ce sens. Cela semble pécher de ce côté-là.
Et puis la vidéo. Quel chantier ! Sera-t-il terminé avant celui de Pompidou ? Le prestataire choisi, Vogo, multiplie les ratées et les pannes, et les arbitres sont contraints de revenir et s’en remettre aux images de Canal +. Et de moins en moins souvent… Est-ce parce que le système n’est plus assez fiable ? Est-ce parce qu’il convient de moins ralentir le rythme des matches ? Est-ce parce que Mathieu Raynal, le patron de l’arbitrage, a demandé aux hommes en noir de s’affirmer et de ne pas s’appuyer exagérément sur l’outil télévisuel ? Toujours est-il que l’on est peut-être tombé d’un excès dans l’autre. Dernier exemple en date : lors du récent Grenoble – VRDR, M. Bru n’a jamais interrompu les débats pour aller consulter l’écran géant. Tout juste a-t-il utilisé l’oreillette pour se faire confirmer, depuis la cabine de visionnage, qu’il avait fait le bon choix en validant l’essai de Louis Suaud.
Effet collatéral de cette nette désaffection pour les vérifications a posteriori, les juges de touche vont devoir sortir de la relative passivité induite, au fil du temps, par l’intervention des caméras. Il leur faudra sans doute une période d’adaptation. Pas trop longue, parce qu’ils sont désormais supervisés indépendamment des centraux. Parmi lesquels, neuf des trente évoluant entre Top 14 et Pro D2, ont été rétrogradés la saison dernière.
L’arbitrage est donc un sujet chaud. Souhaitons à M. Dauvissat, désigné pour officier vendredi prochain à Pompidou, de prendre d’incontestables décisions lors de VRDR-Béziers…
P. Laf.
100% VRDR CE MARDI SUR ICI DRÔME ARDÈCHE
Le co-président Laurent Beaugiraud, le directeur sportif Jonathan Wisniewski et le manager sportif Romain Terrain seront les invités de Valéry Lombardo, ce mardi 6 octobre à 18 heures, pour un « 100% VRDR » sur les ondes d’Ici Drôme Ardèche.
C’EST TOUT BONUS !
Deux victoires (à domicile) pour trois défaites (à l’extérieur) : voici le bilan équilibré du VRDR après ce premier bloc du championnat. Ce n’est pas exactement la vérité mais c’est ainsi, pour « rester positif » et « voir le verre à moitié plein », que le coach en chef, Romain Terrain, veut considérer le total de 8 points de son équipe. Et il est indéniable que les 4 bonus (un offensif et trois défensifs) arrachés en cours de route sont à la fois l’équivalent chiffré d’un succès et la preuve que les Damiers n’ont jamais été loin du compte depuis fin août.
Mais voilà, on sera en octobre quand Béziers se pointera, le 9, à Pompidou, et l’avance sur le barragiste (Agen) n’est que de trois unités. Ce n’est pas un matelas, ni même une natte sur laquelle on peut s’endormir, et un faux pas pourrait faire basculer la saison du côté de la crainte.
Ce scénario, le toujours vaillant Vincent Vial ne veut pas y croire, lui qui affirme, du haut de son ressenti et de son expérience, qu’il n’y a « rien d’alarmant » et que cette débauche d’énergie, cette domination d’ensemble « vont finir par payer ». Et il est patent que les productions du XV drômois, jusqu’à présent, n’invitent pas à verser dans l’inquiétude. En termes de conquête, de possession, d’envie, d’abnégation défensive et même de jeu désormais, le VRDR rivalise. La plupart des joueurs remplissent très bien leurs fonctions, à commencer par l’Espoir Hugo Descube, brillantissime à chaque sortie, reconverti avec bonheur en flanker à Grenoble et nommé – fait rarissime quand on appartient à une formation battue – parmi l’équipe de la 5e journée par nos confrères de Midi Olympique. Les jeunes sont d’ailleurs plutôt bien en jambes en ce début d’exercice, Chouteau et Idoumi devant et les flèches Idrissi et Marsan derrière.
/image%2F6965152%2F20260928%2Fob_e84fd2_suaud-plaqueur.jpg)
Et comme la plupart des cadres tiennent bien leur poste, à l’instar de Louis Suaud, déjà en tête aux plaquages, ou de Thomas Rozière, encore l’élément le plus utilisé (330 minutes jouées), les voyants demeurent globalement au vert.
Les soucis, identifiés mais pas encore résolus, demeurent ce manque de patience et ces maladresses en zone de marque qui se sont encore traduits par trois franchissements pour… zéro point au cours des vingt premières minutes au stade des Alpes. Pointent quelques autres alertes, notamment les blessures, avec un début d’hécatombe dans une 3e ligne heureusement bien fournie, ou aussi le manque de profondeur chez les trois-quarts – avec la grosse interrogation autour d’Anatole Pauvert, qui n’a plus joué depuis seize mois et sa grave blessure au genou.
« On est dans le vrai, on est dans le bras de fer », insiste Terrain. Ses garçons se sont interrogés sur « là où ils veulent aller cette saison ». Des perspectives rouvertes avant cette courte trêve qui doit leur permettre de recouvrer cet « instinct de tueurs » si efficace jusqu’au printemps dernier.
P. Laf.
MON AMI PIERROT
/image%2F6965152%2F20260928%2Fob_cd2dcc_ferrazzi.jpg)
Je ne peux conclure cette chronique sans saluer la mémoire de mon ami Pierre Ferrazzi, douloureusement et tristement emporté par un mal foudroyant. Ce fou de foot, dont il maîtrisait les ressorts et les subtilités, joueur puis entraîneur emblématique, va cruellement nous manquer. Passionné par tous les sports et suiveur de tous les événements drômois, il était un de mes assidus et pertinents lecteurs, et c’était plaisir d’échanger avec lui sur tous les sujets. On avait encore tant à se dire ! Sa vive intelligence, sa faconde, son humour et son immense humanité rayonnaient auprès de tous. Il laisse un vide immense et cruel, il restera à jamais dans le cœur de ceux qui ont eu le bonheur de le connaître et partager de bons moments en sa compagnie. Un personnage unique, brillant, attachant et chaleureux s’en est allé. Son souvenir continuera à éclairer notre chemin.
C’EST COMPLIQUÉ !
/image%2F6965152%2F20260926%2Fob_1de87f_en-avant-tutisani.jpg)
Il y avait eu l’en-avant de Paul Dumas à Dax, dont le choix vous avez fait réagir. Il y a maintenant celui de Giga Tutisani au stade des Alpes, qui nous servira de symbole cette fois.
Loin de nous l’idée de montrer du doigt le jeune pilier géorgien (air connu) pour sa première en Pro D2, sa faute de main illustre simplement la énième frustration du VRDR en ce début de saison. Et ce n’est pas sur ce dernier ballon porté maladroitement conclu que les Damiers ont laissé passer leur chance… C’est bien avant, après 25 premières minutes ultra dominées mais sans aucune récompense au score, au bout d’une première mi-temps où les Grenoblois ont eu du mal à exister et sanctionnée d’un retard de 3 points (7-10) au tableau d’affichage.
Le mot « frustration » va revenir sur toutes les lèvres après ce revers (17-20) et le nouveau point de bonus défensif (le 3e en 4 défaites) ne consolera personne. Un pack toujours aussi puissant, une touche impeccable, des intentions louables affichées, mises en œuvre et souvent bien huilées… jusqu’à ce qu’une une imprécision, une précipitation, un mauvais choix, un ballon tombé, un turnover lâché permette à Grenoble, pourtant souvent acculé, de s’en sortir… Rageant certes, décevant même, mais surtout la démonstration que les automatismes ne sont pas encore au point et que tension et fébrilité finissent par imposer le sceau de la défaite.
La pièce est donc décidée à ne pas tomber du bon côté en cette entame de championnat. En ajoutant que Marco Tauleigne s’est blessé au mollet à l’échauffement, qu’Axel Bruchet a vite quitté la pelouse la cheville en vrac et que Dupont et Rodor ont également été touchés.
La coupure de deux semaines devrait donc faire du bien aux corps, aux têtes et aux coaches qui vont pouvoir peaufiner leurs axes de travail. Le VRDR n’est pas loin, certaines individualités prennent de l’épaisseur, notamment chez les jeunes, la défense demeure solide, il est « pénible à jouer » selon le vœu de Romain Terrain et l’aveu de ses adversaires. Mais il ne gagne pas ou trop peu et s’est doucement enlisé au classement.
C’est compliqué, ça devient compliqué et il va falloir vraiment se montrer beaucoup plus réalistes pour profiter d’un deuxième bloc a priori moins ardu, à partir du 9 octobre (trois matches à domicile contre Béziers, Colomiers et Nevers pour deux déplacements à Oyonnax puis Biarritz). Au risque de traverser cette saison de la confirmation espérée dans un anonymat qui serait synonyme de régression.
Vivement qu’on puisse afficher des images d’essais victorieux !
P. Laf.
RÉACTION
ROMAIN TERRAIN, manager sportif (au micro d’Ici Drôme-Ardèche, le Dauphiné Libéré et l’Impartial) : « C’est frustrant. Une première erreur qui en entraîne une deuxième et précipite une troisième et on offre un essai... Il faut savoir stopper ces hémorragies, mieux gérer nos temps faibles, histoire de s’éviter ces coups qui font mal au score et au mental. J’ai des regrets parce que les garçons sont investis, appliqués, travaillent fort mais il leur manque cet instinct de tueur, celui qui te permet de transformer un ballottage a priori défavorable en avantage en ta faveur. »
« LÂCHER LES CHEVAUX »
/image%2F6965152%2F20260924%2Fob_02c555_descube.png)
« Il faut lâcher les chevaux et on va aller gagner à Grenoble ! » C’est un grognard qui le prédit, Vincent Vial, un des durs au mal qui officient en première ligne d’un pack drômois conquérant. « Lâcher les chevaux », c’est une expression qui s’applique bien sûr et d’abord à ceux qui cavalent derrière, dont Mathieu Guillomot, lequel s’est mis en évidence contre Provence vendredi dernier. Et ne se cache pas derrière un doigt sur les lèvres : « Le plus gros changement, c’est le départ de Fabien (Fortassin) et l’arrivée de Benjamin (Thiéry). Devant, on était bien et on est resté sur les mêmes bases, donc ça va toujours bien. Derrière, dans le système offensif, ce ne sont plus nos mêmes repères, nos habitudes, c’est normal que ça prenne plus de temps à se mettre en place. Mais entre la première journée et la quatrième, on note une progression, on est sur la bonne voie. »
Ce serait donc si différent ? « La méthode, la façon de s’entraîner ont évolué, les attentes sur le rôle de chacun aussi, explique le trois-quarts centre. On met plus de verticalité dans le jeu, on évolue moins dans la largeur, les consignes de replacement ne sont pas les mêmes. Il a fallu s’adapter. Et puis il y a eu des blessures, l’accueil de Joris (Dupont) au dernier moment, qui n’a pas suivi la préparation d’avant saison mais qui s’est parfaitement intégré. »
Benjamin Thiéry, l’homme qui conduit la nouveauté, est convaincu que les Damiers ne sont pas loin de leur meilleur régime : « L’équipe se construit autour de choses nouvelles à assimiler et petit à petit ça prend forme, on voit des choses vraiment intéressantes. On ne va surtout pas tout remettre en question, on va continuer dans ce qu'on sait faire. Nous sommes à 80-90 % dans le vrai, il faut y ajouter le détail, la précision que requiert le haut niveau. »
Aucune alarme donc, malgré un bloc qui, d’un point de vue comptable, n’est pas encore au top, et qui engendre jusqu’alors beaucoup de frustration, le mot qui court au centre d’entraînement de Porchier : « On savait qu’on commençait par affronter des « gros » et pour l’instant le bilan est mitigé, admet Guillomot. Mais si ça tourne bien contre Grenoble, ce sera un premier bloc réussi. »
« Oui, il y avait de la place contre Aix, on aurait même dû s’imposer, déplore Thiéry. Il faut désormais la bonne analyse, la bonne digestion et devenir plus efficaces, plus intelligents, mieux finir les coups. » Et l’entraîneur des lignes arrière de commencer à compter un peu les points : « Les stats disent qu’à la 13e journée, cinq des six équipes de tête seront qualifiées à la fin. Il faut donc arriver à vite se positionner. »
Quant à Vincent Vial, toujours enthousiaste et truculent, il sait comment on va au combat : « Cette frustration, il faut qu’on l’évacue au stade des Alpes. Il va falloir mettre de la grosse intensité. Sur les vingt premières minutes, faire comprendre aux Grenoblois que ça va être compliqué. Je ne suis pas inquiet : je sais qu’à 21 heures, tous les gars seront prêts pour repartir avec quatre points. » Et de rappeler le bon souvenir d’avril dernier, quand le VRDR s’était imposé au stade des Alpes (25-19) : « Ce succès m’a beaucoup marqué mentalement et émotionnellement. On a fait un gros match complet, on n’entendait que les supporters du 16e Damier, tous ces gens venus nous soutenir et qui avaient éteint le stade des Alpes, c’était tellement beau ! »
Revivre ces grands moments pour se relancer. « Garuche » est émouvant et convaincant.
P. Laf.
LA COMPO
Ce vendredi (21 heures) à Grenoble (5e journée) :
Chouteau, Marco-Pena, Vial – McCauley, Fabrègue – Bruchet (cap.), Tauleigne, Descube – Rodor (m), Méret (o) – Randle, Guillomot, Dupont, Marsan – Rozière.
REMPL. : Idoumi, Aléo, Suaud, Vachon, Dumas, Idrissi, Marrou, Tutisani.
MILASINOVICH ABSENT TROIS MOIS
Gareth Milasinovich, touché à la main contre Provence, a dû se faire opérer d’un pouce et sera absent douze semaines. Un coup dur qui entraîne la première apparition sur une feuille de match de Pro D2, du jeune Giga Tutisani, transfuge de Clermont et auteur d’une belle prestation samedi dernier avec les Espoirs. Lucas Méret a satisfait aux tests après son protocole commotion et tiendra sa place. Pour le reste, et à part pour Anatole Pauvert, en souffrance depuis de nombreux mois, ce sont plutôt des petits soucis qui ne devraient empêcher personne d’être sur pieds pour le prochain bloc.
EN TERRAIN CONNU
Plusieurs Damiers ont porté le maillot grenoblois : les membres de l’encadrement Jonathan Wisniewski et Benjamin Thiéry, mais aussi Florian Goumat, qui y a été formé, Vincent Vial et Louis Marrou, tout comme Kevin Goze, passé ce jeudi faire coucou à ses anciens équipiers du VRDR.
À GRENOBLE ET À OYONNAX
Ce jeudi, il restait quelques places dans le second bus affrété par le16e Damier pour ce déplacement à Grenoble. Et les supporters peuvent également déjà s’inscrire pour celui à Oyonnax, le 16 octobre. Tous renseignements sur Hello Asso, les réseaux sociaux ou au 06 44 19 80 67.
/image%2F8093933%2F20230910%2Fob_973859_71693-1638614609690-2319020-n.jpg)